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L'article provient de TVA Nouvelles
Politique

Discours d’ouverture: Legault veut barrer la route aux islamistes radicaux «à l’assaut» du Québec

Dans un discours sans surprises, le PM a promis de barrer la route aux «islamistes radicaux» et de maintenir la ligne dure face aux syndicats

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Photo portrait de Geneviève Lajoie

Geneviève Lajoie

2025-09-30T16:36:49Z
2025-09-30T20:14:42Z
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Dans un discours sans surprises, François Legault a dévoilé mardi son plan de match pour regagner la confiance des Québécois: le premier ministre promet de maintenir la ligne dure face aux syndicats et de barrer la route aux «islamistes radicaux» à l’assaut du Québec.

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Les attentes étaient grandes à l’égard de la feuille de route de François Legault, au plus bas dans les sondages, à un an des élections. 

Dans une allocution plutôt terne rappelant les thèmes qu’il avait mis de l’avant à son arrivée au pouvoir en 2018, le premier ministre s’est engagé à sabrer dans la bureaucratie et à revoir le régime syndical. Mais c’est son ardeur à l’égard de la menace «islamique» qui a marqué les esprits.

François Legault s’inquiète de la «montée» des groupes politico-religieux au Québec, qui «s’attaquent» à notre laïcité. Mais pas de n’importe quelle confession. 

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«Je parle des islamistes radicaux, un groupe de personnes qui tentent, par tous les moyens, d’imposer leurs valeurs, de contester nos valeurs et en particulier le droit des femmes à l’égalité. Il faut qu’on soit très clair là-dessus: on ne va pas laisser personne s’attaquer à la liberté chèrement acquise par les Québécoises depuis des décennies. Jamais!» a-t-il pesté, provoquant un tonnerre d'applaudissements chez les caquistes. 

Le premier ministre a rappelé son intention de déposer une nouvelle loi pour renforcer la laïcité de l’État. «On va prendre tous les moyens possibles pour contrer les assauts contre nos valeurs communes», a-t-il renchéri. 

S’il a pris soin de préciser que les immigrants sont «une richesse» pour le Québec, François Legault estime tout de même que la capacité d’accueil est dépassée. Si le gouvernement fédéral de Mark Carney persiste à ouvrir les vannes de l’immigration temporaire, le premier ministre n’aura pas d’autre choix que de couper des services aux demandeurs d’asile. 

Les syndicats dans le collimateur

Il a aussi les syndicats dans le collimateur, qu’il juge particulièrement favorisés au Québec. «Le Québec est le champion des grèves», a lancé le chef de la CAQ. Il compte revoir le régime syndical. «C’est un système de pratiques dépassées, qui nuit aux travailleurs, qui nuit aux citoyens et qui nuit au Québec tout entier.»

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François Legault a répété qu’il ne reculera pas non plus face aux médecins. Québec veut lier une partie de leur rémunération à des objectifs de performance. Il est ferme sur ce principe. «On doit ça aux Québécois, qui payent les médecins en moyenne de 400 000$ à 550 000$ par année et qui, en retour, ont le droit de s’attendre à être pris en charge par les médecins.»

Une énième voie rapide pour les projets

À l’instar de Mark Carney, le premier ministre veut créer une voie rapide pour les projets économiques et énergétiques «qui sont stratégiques pour le Québec». «On a de beaux projets au Québec et on va s’assurer qu’ils se réalisent. On va raccourcir les délais, on va alléger les processus, tout en gardant nos standards élevés», a-t-il promis. 

Rappelons que la CAQ a pourtant déjà fait adopter une loi pour accélérer les grands projets d’infrastructures après la pandémie, de même qu’une loi devant réduire les coûts et les délais de construction des grands projets en réformant le processus d’attribution des contrats. 

Ce qu’ils ont dit:

«(En promettant de contrer “les assauts contre nos valeurs” des islamistes radicaux) je ne suis pas sûr que là, on s’attaque à la plus grande cause de violence faite aux femmes et d’iniquité avec les femmes» – Bruno Marchand, maire sortant de la Ville de Québec

«Quand j’ai lu le rapport Pelchat-Rousseau, je n’ai pas décelé de crise assez majeure (avec les islamistes radicaux) pour employer le vocable “assaut”. C’est quand même un terme qui est chargé, un terme guerrier. (...) J’ai vraiment l’impression qu’on nous a présenté du réchauffé» – Marwah Rizqy, cheffe parlementaire du Parti libéral du Québec

«Je ne comprends pas cette fixation du premier ministre (envers l’islamisme radical). Si vous allez dans les autobus, si vous allez parler aux Québécois et Québécoises, ce n’est pas la crise des islamistes qui fait peur au Québec. Ce qui fait peur, c’est la crise du logement, la crise climatique, même l’environnement» – Ruba Ghazal, la cheffe parlementaire de Québec solidaire

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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