Négos Trump-Carney: une «danse diplomatique très difficile», selon Marc-André Leclerc
TVA Nouvelles
Le premier ministre Mark Carney pourrait ne pas atteindre son objectif d’éliminer tous les tarifs mis en place par le président américain Donald Trump, même s'il parvient à s'entendre avec lui, selon l’analyste politique Marc-André Leclerc.
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En entrevue à l’émission Le Québec matin, M. Leclerc estime que les nouvelles menaces de M. Trump ces dernières semaines compliquent lourdement la tâche du gouvernement fédéral.
«Monsieur Carney s’est fait élire sur cette promesse de pouvoir s’entendre quand même assez rapidement avec monsieur Trump et de pouvoir mettre les tarifs douaniers à zéro et revenir à ce que c’était avant le 1er février de cette année», mentionne-t-il.
«Clairement, Donald Trump veut rester dans son idée d’imposer des tarifs sur le Canada, ajoute-t-il. Même si monsieur Carney réussit à s’entendre avec monsieur Trump, je pense qu’il restera toujours des tarifs. Ça va être intéressant de voir comment l’électorat va réagir s’il reste des tarifs après l’entente.»
Au cours des derniers jours, certains députés de l’opposition à Ottawa ont d’ailleurs réclamé davantage de transparence de la part du premier ministre quant à l’avancée des négociations.
Il ne serait cependant pas avantageux pour le Canada de révéler publiquement ce qui fait l’objet de pourparlers, selon l’analyste politique.
«Est-ce que ce serait une stratégie qui aiderait les négociations avec Trump et son équipe? Je ne suis pas convaincu, dit M. Leclerc. Il faut toujours prôner la transparence, mais même dans des négociations dites normales d’accords de libre-échange [...] on avait quelques informations qui filtraient, mais c’était quand même assez étanche comme discussions.»
«Clairement, le gouvernement fédéral fait attention à chacun des mots qu’il prononce, justement pour ne pas offusquer monsieur Trump», continue-t-il.
Le cabinet Carney se réunira d’ailleurs mardi pour convenir de la stratégie à adopter à la suite de la lettre envoyée par le président faisant état de tarifs de 35% en vigueur dès le 1er août.
Il demeure difficile de déterminer si l’approche sera plus agressive avec d’autres contre-tarifs ou si le gouvernement misera sur la bonne foi des négociateurs américains.
«C’est toute cette danse diplomatique qui est très difficile avec un joueur à l’autre bout de la table qui est assez imprévisible comme le président américain actuel», mentionne Marc-André Leclerc.
Voyez l’analyse complète dans la vidéo ci-dessus