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L'article provient de TVA Nouvelles
Politique

La loi spéciale adoptée sous bâillon: «Il y a des dizaines, sinon des centaines de médecins qui aujourd'hui littéralement pleurent»

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Mina Collin

2025-10-25T21:08:27Z
2025-10-25T21:15:53Z
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Le climat est au mécontentement et à la désillusion chez de nombreux médecins québécois, après l’adoption de la loi spéciale du gouvernement de François Legault à l'aube samedi visant à mettre fin au conflit avec la profession. Le Dr Gaétan Barrette, ancien ministre de la Santé, estime que la CAQ est allée «extrêmement» loin.

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«Et je peux dire une chose : [...] il y a des dizaines, sinon des centaines de médecins qui aujourd'hui littéralement pleurent», a déclaré le médecin aux ondes de LCN, samedi.

De nombreux médecins estiment avoir été trompés par la façon dont le gouvernement Legault a géré l’impasse dans les négociations.

«Aujourd'hui, je parlais avec des médecins qui, après 34 ans de carrière en cancérologie, après avoir monté des programmes, quand ils prennent en compte ce qui est écrit dans la loi, ils disent j'ai perdu 34 ans de ma vie parce que tout ce que j'ai construit, je ne pourrais pas le continuer», a-t-il mentionné.

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Le Dr Barrette croit que la CAQ est allée beaucoup trop loin avec l’adoption de la loi spéciale.

«Normalement, on fait une loi spéciale, on cible le problème que l'on veut résoudre. Le problème que l'on voulait résoudre, évidemment, c'est l'enseignement aux étudiants en médecine. Là, on est allé extrêmement loin», a-t-il indiqué.

Il fait remarquer que cette décision marque une rupture, puisqu’aucune autre province canadienne n’a jamais adopté une mesure comparable.

«Ça normalement, c'est le genre de choses qu'on voit dans certains pays de l'Est, puis on commence à voir chez Donald Trump», a-t-il dénoncé.

Un projet de loi ficelé depuis longtemps

Selon le Dr Barrette, il n’y a jamais eu de réelles négociations : le gouvernement Legault aurait préparé son projet de loi bien avant et comptait l’imposer coûte que coûte.

«La raison pour laquelle je te dis ça, c'est qu'au printemps, quand il a déposé son projet de loi 106, le gouvernement faisait référence à des documents qu'il appelait "des documents de consultation" et ils étaient publics», a-t-il expliqué.

M. Barrette souligne qu’il est rare que de tels documents soient rendus publics.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

«Il se trouve que le projet de loi 106 est la somme des documents de consultation [...] à 90%. Alors, il y lieu de penser que tout ça était préparé d'avance, qu'il y a eu une pseudo négociation», a-t-il ajouté.

Selon lui, cette démarche visait surtout à se couvrir légalement, advenant une contestation du projet de loi, en prétendant qu’il y avait déjà eu des négociations.

«Mais quand on met ça en même temps que les documents de consultation initiaux, on voit bien que tout ça a été écrit à l'avance. On arrive au bout et de façon tout à fait opportune politiquement, mais on sort ça. Ça a l'air pour le gouvernement d'une histoire cousue de fil blanc», a-t-il dénoncé.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.

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