Donald Trump et Canada comme 51e État: Nick Taylor trouve les blagues moins drôles
Le golfeur canadien dit entendre beaucoup trop de mauvaises blagues à ce sujet


François-David Rouleau
AUGUSTA | D’ordinaire, sport et politique ne font pas bon ménage. N’empêche, ils sont étroitement liés. L’univers du golf n’y déroge pas. Mardi après-midi, malgré l’éclatant soleil plombant sur l’Augusta National, la petite pente sous le gigantesque «Big Oak Tree» près du pavillon s’est transformée en véritable glissade. Avec des patins en prime... Le sujet: comment les golfeurs canadiens évoluant aux États-Unis sont traités sous la présidence de Donald Trump avec ses menaces, ses décisions et ses mauvaises blagues envers l’unifolié.
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Des trois Canadiens qui ont défilé devant le micro situé entre le pavillon et le premier tertre de départ, seul Nick Taylor a bien voulu répondre. Taylor Pendrith et Corey Conners ont esquivé les questions.
Ayant établi sa résidence familiale à Abbotsford, en Colombie-Britannique, Nick Taylor trouve ses visites aux États-Unis moins agréables et les commentaires entendus dans les foules, beaucoup moins comiques qu’ils ne peuvent l’être.
«J’entends beaucoup plus de blagues sur le 51e État qu’autre chose, a relaté Taylor en indiquant qu’il recevait aussi des excuses de gens qu’il croise sur sa route.

«Des chauffeurs de taxi ou Uber m’en parlent et se disent désolés, a-t-il enchaîné par rapport aux décisions controversées du président américain. D’autres ne s’excusent pas, mais ils en parlent.»
Pas à l’abri
Les déclarations de Trump, les actions d’Elon Musk, proche du président, et les frasques de l’administration américaine ont contribué à ce contexte politique enflammé. La guerre commerciale déclarée au Canada et au Mexique, de proches alliés des États-Unis, crée des remous dans toutes les sphères. Le golf n’y échappe pas, que ce soit pour les amateurs qui verront le prix de leur équipement grimper, comme plusieurs autres choses, ou les pros qui évoluent au sud de la frontière.
«C’est une situation pour le moins intéressante pour nous. J’évolue aux États-Unis depuis longtemps. C’est particulier, a souligné le golfeur de 36 ans qui est pro depuis 2010. J’essaie d’ignorer ces situations le plus possible.»
Ces «situations» sont des scènes dans lesquelles les spectateurs tentent de jouer les bouffons avec des blagues plates ou déplacées tout en se voulant rassembleurs.
«Ils agissent comme s’ils étaient des amis en étant drôles», a précisé le champion de l’Omnium canadien en 2023.
Le hic, toutefois, c’est qu’avec le contexte géopolitique qui a dérapé depuis janvier et les allusions répétées de Trump voulant que le Canada puisse devenir le 51e État, Taylor ne les «trouve vraiment plus drôles».
Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’il ne vit pas aux États-Unis comme ses compatriotes et ses pairs.

Conners, lui, dit essayer de rester dans sa bulle en évitant les distractions et les discussions politiques. Comme celle avec les médias canadiens présents à Augusta cette semaine.
De l’Ovechkin jusqu’à Augusta
Par ailleurs, Pendrith a piqué un brin de jasette avec son compagnon de jeu des deux premières rondes, un certain Fred Couples. Plutôt que de discuter stratégies avec le champion de l’édition 1992 lors d’une brève conversation sur le tertre du 10e, les deux golfeurs ont parlé du 895e but d’Alex Ovechkin.

Grand partisan des Maple Leafs, Pendrith lui a souligné que c’était Dylan Strome, un bon ami de l’attaquant torontois Mitch Marner, qui avait été l’un des complices avec une aide sur ce but historique.