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L'article provient de TVA Nouvelles

Biodiversité en chute libre: plus de la moitié des espèces animales en déclin au Canada, selon un nouveau rapport

Jacques Brisson
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Photo portrait de Claudie Arseneault

Claudie Arseneault

2025-09-24T18:30:00Z
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Un nouveau rapport publié lundi par le Fonds mondial pour la nature Canada tire la sonnette d’alarme: la taille moyenne des populations d’espèces surveillées au pays a atteint son plus bas niveau depuis le premier rapport, partagé il y a près de 20 ans.

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Le «Rapport Planète vivante Canada 2025» dresse un «portrait sombre» et le plus précis à ce jour sur l’état de la biodiversité au Canada, d’après l’organisme environnemental WWF-Canada.

En effet, il révèle la perte médiane la plus sévère de la taille des populations d’espèces suivies au pays depuis le premier rapport de l’IPV-C de WWF-Canada en 2007.

Basé sur un ensemble de données couvrant 910 espèces de vertébrés, incluant des mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens, celui-ci révèle qu’en moyenne, 52 % des espèces étudiées ont vu leur population décliner entre 1970 et 2022.

La tendance montre une baisse moyenne de 10 % des populations de ces espèces.

Bien que certains animaux, comme la loutre de mer ou les rapaces, montrent des signes de rétablissement, d’autres, telles que le caribou, la chauve-souris ou le harfang des neiges, continuent de reculer fortement partout au Canada.

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Photo Adobe Stock
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Le recul le plus marqué est survenu dans les habitats de prairies, où les populations d’espèces ont chuté de 62 %. Les milieux de forêts montrent également un déclin notable, avec une baisse moyenne de 42 % des populations de mammifères.

De manière plus globale, les populations d’espèces considérées comme menacées à l’échelle mondiale et qui figurent sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature affichent une diminution moyenne de 43 % au Canada.

Le rapport s’appuie sur l’Indice Planète vivante Canada (IPV-C), un outil de suivi qui reflète les tendances de l’abondance des vertébrés au Canada, comparable à un indice boursier qui mesure les tendances économiques... mais pour la biodiversité animale.

Bien que la méthodologie ait évolué depuis les années, la perte serait lente et constante.

«Signal d'alarme»

Cette publication survient à un moment jugé critique par les experts, alors que le Canada s’est engagé à atteindre les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal d’ici 2030. Or, selon le WWF-Canada, certaines décisions politiques récentes vont à l’encontre de ces objectifs, notamment l’adoption de lois facilitant le développement d’infrastructures au détriment des protections environnementales.

«Les tendances dévoilées dans le Rapport Planète vivante Canada montrent que les populations continuent de suivre une courbe descendante. Plus nous tardons à réagir, plus le déclin s’accentuera», a noté James Snider, vice-président chez WWF-Canada.

Pour Megan Leslie, présidente du WWF-Canada, il s’agit d’un «signal d’alarme».

«La dégradation d’un habitat ou la perte d’une seule espèce peut entraîner des répercussions en chaîne. Une fois qu’une population est en déclin, la tendance devient difficile à renverser», explique la présidente-directrice générale (PDG) de l’organisme.

«Cet avertissement est aussi l’occasion pour nous d’inverser le cours des choses avant qu’il ne soit trop tard. Il est impératif que nous agissions maintenant», a-t-elle conclu.

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