Malgré une présentation du CSS des Sommets, la communauté de La Ruche toujours pas convaincue du projet d’aréna
Guillaume Cotnoir-Lacroix
Les doutes persistent au sein de la communauté de l’école secondaire La Ruche quant au projet de nouvel aréna sur le site de l’école. Malgré la présentation hier soir par le Centre de services scolaire des Sommets d’un plan de réaménagement du campus, le conseil d’établissement refuse toujours de donner son aval au projet.
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Bien qu’on ait refusé à ce que la séance publique soit filmée, l’auteur de ces lignes a quand même pu y assister. D’entrée de jeu, le directeur du service des ressources matérielles du CSS, Maxime Ferland, a présenté une ligne du temps rappelant que les balbutiements du projet avaient eu lieu dès 2013. Il a aussi rappelé que quelques sites sur le campus de l’école avaient été étudiés par le passé pour y construire l’aréna, avant que le choix ne s’arrête finalement sur le terrain synthétique de l’école.
Deux employées d’Atelier Parcelle en architecture de paysage sont ensuite venues présenter pour la première fois aux membres du conseil d’établissement un plan de réaménagement du campus incluant le futur aréna, le déplacement d’infrastructures éducatives extérieures et de nombreux aménagements additionnels.
«Ce qui est proposé à La Ruche, mais aussi aux citoyens de Magog et de Memphrémagog, c’est vraiment un campus unifié qui va être verdoyant, polyvalent», a pensé Lisa Rodrigue, directrice générale du CSS des Sommets, qui a répondu à nos questions au lendemain de la rencontre.

Si plusieurs citoyens, parents et membres du conseil d’établissement qui assistaient à l’audience ont salué le plan de la firme d’architectes, plusieurs ont soulevé des doutes sur la faisabilité du projet avec le budget imparti, qui s’élevait aux dernières nouvelles à 43 M$.
«C’est magnifique, je pense que ça a pu plaire à tout le monde, lance d’emblée la présidente du conseil d’établissement, Catherine Boire. La question demeure la même, c’est la faisabilité de la chose. Est-ce que ça répond à nos demandes de garanties? Pas pour le moment», a-t-elle toutefois poursuivi.
En plus de la vingtaine de membres du conseil d’établissement, un groupe d’une quinzaine de personnes composé de parents et de citoyens de Magog a aussi participé à l’audience.
«Je pense qu’ils ont présenté un plan intéressant de réaménagement du campus, mais on a du mal à y croire, a lancé l’un de ces participants, David Morin. On n’a eu aucun chiffre sur ce que ça pourrait coûter, toujours pas vraiment d’études d’impact, de réponses sur les questions de circulation», a-t-il estimé après la rencontre.

«Est-ce qu’on a été rassurants au complet, probablement pas, mais on va continuer à travailler dans ce sens-là pour pouvoir venir répondre à ces questions-là et diminuer les préoccupations», a indiqué Mme Rodrigue, mercredi matin.
Une élève de cinquième secondaire qui siège au conseil d’établissement s’est aussi inquiétée des impacts de la construction sur les élèves.
«Qu’est-ce que vous faites des équipes sportives? Les jeunes en santé globale, les équipes de football et de flag football? Comment les jeunes pendant la construction vont en profiter?» a demandé l’adolescente.

«C’est sûr que ça va être un choc. Notre but c’est de faire un phasage qui fonctionne pour tout le monde», a répondu Mme Rodrigue.
L’une des membres du conseil d’établissement a aussi dit avoir un «immense malaise» avec le concept proposé par le centre de services. «On a l’impression que le centre de services veut profiter du projet d’aréna pour faire ce qu’il aurait dû faire il y a des années», a-t-elle plaidé.
«Je peux comprendre si les gens disent: "On ne veut pas l’endosser". Je comprends. On est encore en train d’enrichir le dossier, c’est comme ça qu’il faut le voir», a plaidé Mme Rodrigue.
À La Ruche ou au parc de l’Est?
Plusieurs des questions hier portaient aussi sur le choix du site de La Ruche plutôt que celui du parc de l’Est pour la construction du complexe deux glaces. Une pétition citoyenne en ligne vient d’ailleurs d’être lancée pour inciter la Ville à changer l’emplacement choisi. La mairesse de Magog Nathalie Pelletier insiste pour dire que le projet de La Ruche est le meilleur choix, sans toutefois pouvoir donner de budget précis.
«Ces idées de grandeur là, on doit les finaliser, on doit raffiner ces chiffres-là [avant de les présenter]», a soumis la mairesse, en entrevue mercredi après-midi.
Aréna Memphrémagog, la Ville et le CSS des Sommets comptent organiser cet été, possiblement en juillet, une rencontre d’informations citoyenne publique. La mairesse promet que le scénario de la Place de l’Est sera comparé à ce moment au scénario sur le site de La Ruche.
«On est conscients que les gens manquent d’informations. On est sincères, on veut revenir auprès de la population et l’on veut le meilleur projet pour la communauté», a-t-elle indiqué.

«On veut faire une démonstration aux gens des coûts actualisés au parc de l’Est. Actuellement, ce qu’on entend, c’est "faites-le au parc de l’Est, ça ne coûtera pas cher" et ce n’est pas le cas», a dit Nathalie Pelletier, mairesse de Magog.
Mardi, des parents et des membres du personnel de l’école ont dit avoir perdu confiance en l’OBNL Aréna Memphrémagog qui gère le projet. Le directeur général Nyk Beaulieu et le président du conseil d’administration Patrick Touzin ont l’intention de répondre aux critiques dans les prochains jours, mais n’ont pu se rendre disponibles pour une entrevue aujourd’hui. Au téléphone, ils se sont toutefois dits déçus de la tournure que prend le débat depuis quelques semaines.