Les partisans argentins savourent leur victoire à Montréal
L’Argentine a remporté la Coupe du monde au Qatar après une finale enivrante


Erika Aubin
Les partisans de l’Argentine ont chanté et hurlé leur joie dans les rues encore enneigées de Montréal, après la victoire dramatique, cet après-midi, de leur équipe contre la France en finale de la Coupe du monde.
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«C’est le meilleur cadeau de Noël que j’attendais. Je suis plus qu’heureux. Pendant tout le match, j’ai gardé la foi en mon équipe», a laissé tomber Ovidio Belitez en donnant un bec sur le logo de son chandail aux couleurs de l’équipe victorieuse.
Des centaines de partisans venus encourager l’Albiceleste étaient rassemblés au Café Conca d’Oro, dans la Petite-Italie, depuis très tôt ce matin. Plusieurs ont fait fi du froid et des trottoirs encore couverts de neige afin de regarder la partie sur une petite télévision installée à l’extérieur, comme l’établissement était plein à craquer.

Le cœur du quartier montréalais a pris des allures de véritable carnaval d’hiver après que l’Argentine se fut imposée pour la première fois depuis 1986.
Vamos, Argentina!
Les partisans sont immédiatement sortis dans les rues pour danser, crier et chanter le populaire hymne sportif «Vamos, vamos, Argentina! [Allez, allez, l’Argentine!]» en brandissant des drapeaux bleu et blanc. Des confettis se sont mélangés à la fête tandis que des voitures passaient en klaxonnant.
«C’est difficile économiquement en Argentine présentement donc je crois que le peuple, qui est réellement passionné par le [soccer], avait besoin de cette victoire pour sa santé mentale. Le pays le mérite», a souligné Valentina Bulgerella.

Arrivée d’Argentine aux côtés de son copain québécois, Félix Riopel, celle-ci a mis les pieds pour la première fois à Montréal il y a environ une semaine.
«C’est incroyable, je me sens comme chez moi grâce aux gens d’ici qui appuient mon pays. Je me sens si bien accueillie», a-t-elle ajouté, emmitouflée dans son foulard et sa tuque.

Même à la COP15, qui doit se terminer demain, plusieurs délégués avaient pris une pause des intenses négociations pour regarder le match.
«On a travaillé fort ces 15 derniers jours pour la biodiversité, on peut bien se permettre de regarder sur un petit écran une finale de Coupe du monde pour 90 minutes! Ma culpabilité est limitée», a commenté le Français Ryan Worms, conseiller du ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault.
Un suspense jusqu’à la fin

La rencontre aura gardé les spectateurs sur le bout de leur chaise jusqu’à la dernière seconde. Pour leur part, des partisans des Bleus étaient déçus de la façon dont l’équipe a joué en première demie. Près de 600 d’entre eux se sont agglutinés dans les locaux de l’Union française de Montréal, au centre-ville, en scandant: «Allez, les Bleus!»
Des croissants et du café étaient servis à ceux qui se sont déplacés pour l’occasion. Les plus festifs avaient des pintes de bière à la main dès 10h le matin.

«Je suis complètement découragée. C’est terrible, on n’arrive même pas à toucher le ballon», a dit Lucie Cadio, qui regardait le match sur un écran apposé derrière le bar.
La France a finalement fait une remontée, ce qui a redonné de l’espoir à plusieurs. «Les 75 premières minutes étaient vraiment à l’avantage de l’Argentine avant que la France se réveille. C’était fou ce match, quel beau spectacle», a rapporté Patrick Depelsenaire, installé au Québec depuis 33 ans.
L’héritage de Messi
Cela n’aura toutefois pas suffi à la France pour remporter les honneurs de ce grand tournoi mondial. Certains expatriés argentins se sont également réjouis de la victoire parce qu'il s’agissait de la dernière chance pour le capitaine Lionel Messi de décrocher la Coupe du monde.
«J’ai grandi avec Messi et il est vraiment une inspiration pour moi et pour beaucoup de jeunes. Le fait qu’il gagne maintenant, c’est juste incroyable. C’est son héritage», a confié Martin Resua Rojas, qui portait son drapeau national comme une cape sur ses épaules.
«Le pays dépendait de cette victoire. Et pour plusieurs joueurs de l’équipe, c’était leur dernière chance à la Coupe du monde. On voulait tellement que ça arrive pour eux», a ajouté à son tour Camila Montiel.

La femme originaire de l’Argentine s’est déplacée dans le froid, avec son conjoint, pour écouter la partie auprès de ses confrères malgré qu’elle soit enceinte de huit mois.
- Avec Nora T. Lamontagne