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L'article provient de Le Journal de Montréal
Sports

Mondial junior: Dylan Guenther marque le but en or

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Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2023-01-06T02:31:51Z
2023-01-06T04:49:35Z
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HALIFAX | Quelques mois après Kent Johnson, Dylan Guenther est le nouveau héros du hockey junior canadien. L’attaquant a marqué le but gagnant en prolongation, jeudi, pour permettre à Équipe Canada junior de vaincre les Tchèques par la marque de 3-2 et remporter une deuxième médaille d’or consécutive.

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Équipe Canada junior semblait tout droit se diriger vers la 20e médaille d’or de son histoire mais a bousillé une avance de 2-0 en cédant deux fois en l’espace de 54 secondes en troisième période pour redonner vie aux Tchèques. 

Mais la formation nationale a sauvé son honneur en prolongation lorsque Joshua Roy s’est amené à deux contre un avec Guenther, avant de lui remettre, et ce dernier n’a pas raté sa chance. 

« Tout ce que je me rappelle, c’est que je n’ai pas lancé mes gants tout de suite, a rigolé Guenther. J’avais presque oublié qu’on était en prolongation et ensuite j’ai vu Roy lancé son équipement dans les airs. » 

Dans son cas, il s’agissait d’un sentiment particulier qu’il ne s’attendait pas à vivre. L’an dernier, il faisait partie de l’équipe en décembre lorsque le tournoi avait été annulé en raison de la COVID-19. Une blessure l’avait privé de la reprise, en août. 

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« C’est tellement spécial pour moi. Je ne savais pas si j’aurais cette chance à nouveau et d’être ici, devant ces partisans, ça n’aurait pu se conclure de meilleure façon. » 

Record pour Roy

Dans le cas de Roy, il s’agissait d’un autre gros jeu à un gros moment, lui qui termine la compétition avec 11 points en sept parties. 

« J’ai trouvé que le défenseur s’est lancé vite au sol donc je me suis dit que c’était sûr qu’on aurait un deux contre zéro. J’ai juste été patient et je l’ai donnée à Guenther et il a capitalisé. Ensuite, j’ai vu la rondelle et tout le monde commencer à crier. C’était un moment incroyable », mentionnait-il.  

Avec un total de 19 points en carrière, en deux participations au tournoi, Roy est aussi devenu le joueur québécois le plus productif dans l’histoire de ce tournoi, dépassant la marque de Jonathan Huberdeau. 

« Après la troisième période, j’ai dit aux autres entraineurs que j’avais l’impression que le jeu viendrait de Josh Roy. Ce n’est pas la première fois que je le vois faire ça en surtemps. Ça prend du calme et de la patience », ajoutait quant à lui l’entraineur adjoint Stéphane Julien. 

Sans surprise, Connor Bedard a été nommé l’attaquant du tournoi mais aussi son joueur par excellence. Il a conclu la compétition avec 23 points en sept matchs. David Jiricek a quant à lui été nommé le défenseur du tournoi tandis qu’Adam Gajan, de la Slovaquie, a reçu le titre de gardien par excellence. 

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Bonne fête Shane

Si Guenther a été le héros du match avec deux buts, le capitaine Shane Wright a sans contredit disputé son meilleur match de la compétition. Il a inscrit un but de toute beauté en deuxième, qui faisait 2-0. 

Tout ça, le soir de son 19e anniversaire. 

« C’est un moment spécial et je ne le réalise pas encore complètement, a reconnu Wright, tenant fièrement le trophée de champions du monde dans ses mains. C’est ma fête et je viens de gagner la médaille d’or au Mondial junior. C’est tout simplement incroyable. » 

Prêté par le Kraken de Seattle, Wright, comme plusieurs autres attaquants canadiens, avait connu un tournoi en dents de scie.  

« Shane Wright a joué tout un match aujourd’hui. Il a marqué un gros but. Je pense que Bedard a pris beaucoup de place en début de tournoi. Est-ce que ça un peu diminué l’ambiance à l’interne ? Peut-être. Et Bedard est un gars très tranquille, mais les médias étaient tellement sur lui que je pense que les gars, ça pris du temps avant que tout le monde prenne sa place là-dedans. Aujourd’hui, on a vu 22 joueurs qui étaient dédiés à gagner jusqu’à la fin. » 

Frousse

La médaille d’or faisait presqu’oublier qu’ÉCJ s’est payé toute une frousse. En contrôle du match pendant plus de 50 minutes, ils ont laissé leurs adversaires revenir de l’arrière, refroidissant les ardeurs de la foule au Scotiabank Centre. 

« Je ne cacherai pas qu’on a senti des doutes s’installer dans la tête des joueurs mais je pense que le fait de retourner dans le vestiaire après la troisième période nous a fait du bien. Ça nous a rassemblé, on a placé nos affaires et les gars voyaient cette victoire dans le vestiaire. On a recommencé à zéro et je pense qu’on a dominé la prolongation », estimait Stéphane Julien. 

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«C’est sûr qu'on devait resserrer notre jeu défensif. Il fallait sortir la rondelle de meilleure façon puisqu’on avait fait deux erreurs à ce niveau sur leurs deux buts. C’était le mot d'ordre dans le vestiaire. On s’était aussi dit qu’il fallait avoir confiance en nous », mentionnait quant à lui Nathan Gaucher qui reconnaissait que la victoire face aux Tchèques était encore plus savoureuse considérant que ces derniers les avaient battus lors du premier match de la phase de groupe. 

Ce à quoi acquiesçait Julien. 

« Ça nous a beaucoup motivé. Je comprends, les équipes veulent battre le Canada au Canada. Par contre, les gars se rappelaient de ce qui est arrivé après le match. On n’est pas loin entre les deux vestiaires donc d’entendre crier l’autre équipe, ça les a motivés. »  

Le roi du Mondial 

Il ne manquait que l’or à Connor Bedard pour compléter ce dont on se rappellera probablement comme de la prestation la plus dominante pour un joueur canadien au Mondial junior.

Oui, il y en a eu d’autres : Eric Lindros en 1991, John Tavares et Jordan Eberle en 2009 ou même Mason McTavish, en août dernier.

Mais il sera difficile de trouver des arguments contre le tournoi que vient de connaître Bedard. Le bilan est sans équivoque : 23 points en sept matchs et de nombreux records fracassés.

La pierre angulaire

Il ne s’agit que de se demander où serait Équipe Canada junior sans Connor Bedard pour réaliser toute l’étendue de l’impact qu’il a eu sur la formation canadienne. Cette équipe, que plusieurs voyaient comme l’une des meilleures sur papier que le pays n’ait jamais vues, a finalement été traînée par le jeune prodige de 17 ans et, il faut l’admettre, son trio complété par Logan Stankoven et Joshua Roy.

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Heureusement, en finale jeudi, les deux attaquants prêtés par leurs équipes de la LNH, Dylan Guenther et Shane Wright, ont été des joueurs d’impact. Wright a connu son meilleur match de la compétition, et de loin. Mais leur tournoi a été en demi-teinte. La brigade défensive a elle aussi connu des ratés à certains moments dans le tournoi qui auraient pu coûter une chance pour la médaille d’or aux Canadiens, n’eussent été Bedard et le brio du gardien Thomas Milic.

D’ailleurs, Bedard et Milic ont volé le match de quarts de finale à la Slovaquie, qui avait disputé une meilleure rencontre collectivement que le Canada. Il n’y a pas d’autres façons de le dire. 

Premier de classe

S’il restait des doutes sur la légitimité de Connor Bedard comme meilleur espoir au monde en vue du prochain repêchage, ils ont été dissipés. Non, ils ont été éclipsés. Adam Fantilli, que plusieurs voyaient comme son plus proche rival, a connu un début de tournoi difficile avant de conclure de belle façon. Le Suédois Leo Carlsson a assurément fait augmenter sa cote auprès des recruteurs.

Mais personne ne s’approche de Bedard. Il sera le tout premier choix à Nashville le 28 juin prochain.

À Montréal ? Les récents problèmes du Canadien donnent de plus en plus vie à cette possibilité. Gageons que Bedard ne dirait pas non à rejoindre Roy dans l’organisation du CH, l’ayant qualifié de « l’un des joueurs les plus intelligents avec qui j’ai joué. »

Quelque part, dans son bureau, Kent Hughes se croise les doigts.

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