«La rivière, des fois, elle ne pardonne pas»: le Québec entre dans une période critique pour les noyades

Dominique Lelièvre
La Société de sauvetage du Québec lance un appel à la vigilance après deux drames en un peu plus de 24 heures et alors que des dizaines de milliers de Québécois sont en vacances.
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Le Québec entre dans une période critique puisque les vacances de la construction sont, historiquement, une période où les noyades sont plus fréquentes, selon le directeur général de l’organisme, Raynald Hawkins.
De plus, les probabilités d’événements malheureux – souvent évitables – sont encore plus fortes quand il fait beau et chaud.
«Quand j’ai plus de monde près de l’eau, sur l’eau, dans l’eau, j’augmente nécessairement les probabilités d’avoir ces incidents-là», souligne-t-il.
«Prenez le temps de suivre nos conseils de sécurité aquatique et nautique, comme ça, vous allez continuer à raconter des anecdotes, plutôt que des drames à faire vivre à vos proches.»
Deux drames
Cette semaine, la région de Québec a été secouée à deux reprises par des disparitions aux abords de rivières.
Mercredi soir, un immigrant ukrainien de 21 ans, Sumit Shyder, a disparu au parc des Chutes-Rouillard à Saint-Anselme. Vendredi matin, les recherches ont repris pour le retrouver, mais elles ont été ralenties par la puissance du courant de la rivière Etchemin qui a empêché de recourir à des plongeurs et des embarcations.
Jeudi soir, le corps d’une jeune femme de 18 ans a été repêché dans la rivière Saint-Charles dans le quartier Saint-Roch. La victime, Ronel Mamadjibeye, de Québec, serait tombée dans le cours d’eau alors qu’elle faisait du vélo sous les yeux d’un enfant qui a ensuite appelé à l’aide.
C’est la troisième noyade en un peu plus d’un an dans la rivière Saint-Charles.
En mai 2022, deux étudiants de l’Université Laval originaires du continent africain y ont laissé leur vie, alors qu’ils étaient au parc des Saules avec des amis. Le coroner n’a pas encore livré son rapport dans ce dossier.
Accueil des immigrants
Statistiquement, les rivières sont le lieu où il se noie le plus de personnes dans la province, rappelle M. Hawkins. «La rivière, des fois, elle ne pardonne pas», dit-il en référence à ses courants qui peuvent surprendre et être très aléatoires.
Sans présumer des causes de ces événements, M. Hawkins propose d’intégrer des notions de sécurité concernant la natation et la baignade lors de l’accueil des nouveaux arrivants, puisque pour certains, ces activités ne font pas partie de leurs habitudes.
Il suggère de mettre à profit les universités ou encore les programmes d’immersion en français, à l’image de ce que fait l’Ontario. «C’est une des directions auxquelles on réfléchit depuis quelque temps déjà.»
La Société de sauvetage envisage aussi de traduire en plus de langues ses messages. Les coûts pour mettre en place ce type d'initiatives représentent toutefois un défi, souligne son directeur.
Les principales règles de sécurité
· Ne jamais se baigner seul
· Porter la veste de flottaison à bord des embarcations
· Ne pas consommer d’alcool sur l’eau (son effet est décuplé par l'activité physique, la chaleur et la houle)
· Toujours surveiller les enfants près de l’eau
· Vérifier la profondeur de l’eau avant de plonger (elle doit faire au moins deux fois sa taille)
· En milieu naturel, se baigner uniquement dans les endroits aménagés et sécurisés
Source : Société de sauvetage du Québec
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