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L'article provient de 7 jours
Culture

Entre deux scènes, Amélie Grenier communique avec l’au-delà

La pièce «Si Dieu le veut», en tournée dès 2026

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Marjolaine Simard

2025-08-11T10:00:00Z
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C’est à l’ombre d’une petite église, par un soleil éclatant, que nous avons retrouvé Amélie Grenier, en plein rodage de Si Dieu le veut, une pièce documentaire qui nous plonge dans l’univers mythique de la lutte au Québec. Elle y incarne Marie-Ange, une grand-maman dévote qui se métamorphose en furie devant les combats télévisés du dimanche. Rencontre lumineuse avec une comédienne au parcours éclatant, qui conjugue avec brio son métier d’actrice, la communication avec l’au-delà et une belle histoire d’amour, née de cette pièce.

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Tu incarnes Marie-Ange dans la pièce Si Dieu le veut. Que peux-tu nous dire sur ce personnage délicieux?

Oui! Marie-Ange Laflamme dite «La flamme du ring», c’était la grand-mère de Stéphane E. Roy, qui signe le texte et partage la scène avec moi. Stéphane m’a raconté que sa grand-mère était très respectée dans sa communauté. Elle jouait de l’orgue à l’église et rien ne commençait tant qu’elle n’était pas assise sur le troisième banc! Puis elle rentrait chez elle, enfilait sa robe à fleurs et devenait une furie devant la lutte. Ce contraste est fabuleux! (rires) Ce personnage me touche profondément. Ces femmes-là ont bâti le Québec. Elles étaient solides, tenaces, maternelles et bienveillantes. Comme ma propre grand-mère.

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Tu retrouves donc un peu l'esprit de ta grand-mère en jouant Marie-Ange...

Tellement! Ce sont des femmes qui donnent tout, sans compter. C’était naturel d’aller puiser là-dedans pour ce rôle.

Pourquoi, selon toi, la lutte avait-elle une telle emprise sur les Québécois?

Parce que la lutte offrait une soupape. À l’époque, la religion contrôlait tout, les patrons étaient anglophones, et les Québécois avaient peu d’espace pour exister. Il fallait marcher droit. Mais après la messe du dimanche, ils pouvaient se défouler en criant contre les méchants dans leurs écrans de télévision. C’était un exutoire émotionnel, un espace nécessaire à l'équilibre mental d’un peuple frustré. Mon grand-père y croyait dur comme fer! Pour lui, ce n'était pas du spectacle, c’était vrai. Il ne fallait surtout pas dire que c’était arrangé ou que le sang était faux!

Pourquoi ce titre, Si Dieu le veut?

C’est la phrase culte d’Édouard Carpentier, lutteur puis célèbre animateur de lutte. Il terminait toujours ses émissions par: «À la semaine prochaine, si Dieu le veut!» Ç'a marqué toute une génération.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu n’es pas seule sur scène...

Stéphane E. Roy est le narrateur, et Martin Larocque incarne le curé — un personnage pas très propre, disons! (rires) C’est un théâtre documentaire, alors on plonge dans cette époque avec des anecdotes savoureuses et une bonne dose d’authenticité et de nostalgie. On utilise des images d’archives: lutteurs, extraits télé, photos d’épiceries Steinberg, boîtes de crème glacée d'époque... Le tout dans le grain visuel de ces années-là. Stéphane a fait une recherche incroyable!

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Et la pièce est actuellement en rodage?

Oui, on teste dans quelques salles avant la vraie tournée, en 2026. Et je jubile: on va aller en Gaspésie! Je n’y suis jamais allée et j’ai hâte. Je pars avec trois gars: Stéphane, Martin et Julien, notre technicien. J’ai déjà dit que j’allais préparer des lunchs. Pas question de manger des patates frites tout le long de la route! (rires)

Et il semble bien que «Dieu ait voulu» quelque chose pour toi, puisqu'un événement auquel tu ne t’attendais pas s’est produit en travaillant sur ce projet. Tu as trouvé l’amour avec l'un de tes partenaires de jeu...

Oui, et c’est assez fou parce que dans les médias, on a écrit qu’on avait eu un coup de foudre, mais pour nous, ce sont plus des retrouvailles. Martin et moi, on en riait tellement! Je lui ai dit: «Il va y avoir des entrevues pour le show, mais j’ai plus envie de parler du show...» Ce qu’on vit, c’est nouveau, et on a un peu envie de garder ça juste pour nous. On s’est alors entendus pour que je dise simplement trois mots qui résument notre relation en ce moment.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Lesquels?

D’abord, «surprise». Parce que ça l’a vraiment été pour nous deux. Tu sais, quand on dit: «Ne cherche pas l’amour, il viendra à toi...» Eh bien, pour nous, ç'a été ça! On s’était déjà croisés dans des premières, je l’avais vu dans Le violon sur le toit et j’avais capoté. J’adore l’être qu’il est et aussi l’acteur. Ça fait longtemps que je le regarde aller. Il m’a d’ailleurs dit: «T’es déjà venue me dire bonjour et bravo... puis t’es repartie bien vite!» C’est vrai, je fais ça tout le temps: je vais saluer les gens, puis je repars. Ensuite, je dirais les mots «maturité» et «douceur». Parce que c’est une relation qui est à la fois mature et empreinte d’une immense tendresse. Pour le moment, c’est ce que j’ai envie de partager sur cette histoire d’amour.

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Tu as vécu une épreuve de santé majeure...

Oui, j'ai fait une crise cardiaque en mars 2023. J’ai frôlé la mort. Dans l’ambulance, en transfert vers Sacré-Cœur, j’ai vu ma grand-mère décédée au bout de ma civière. Elle avait la main posée sur moi. J’étais prête à partir. Je me sentais bien. Quand je suis revenue à moi, j’ai regardé l’ambulancière comme si je lui disais: «Qu’est-ce que tu viens de faire là?». Je suis certaine qu’elle se rappelle mon regard. Je n’étais pas enchantée de revenir. J’étais bien et en paix.

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Crois-tu qu’il y a quelque chose après la mort?

Oui. Je vis entre deux mondes depuis toujours. Déjà, petite, je voyais ce que d’autres ne voyaient pas. Je voyais les morts. J’ai fermé ce canal à l’âge de 18 ans, parce que ça prend de la place dans une vie et que je voulais vivre ma propre vie. Puis je l’ai rouvert à 30 ans. Je suis voyante, chamane, guérisseuse, médium... appelle ça comme tu veux. Je reçois des gens chez moi, je fais des tirages, des soins, je communique avec les morts. Je suis un canal branché sur l’amour inconditionnel.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu partages aussi beaucoup d'informations en lien avec ce don sur ton projet en ligne...

Oui, Projet Love Project sur Facebook. Un titre qui trouve ses sources dans les deux langues, puisque je suis bilingue, car je suis originaire de Gatineau. Tous les lundis, je fais des lives. Je parle d’amour, de spiritualité, de synchronicité, de responsabilité personnelle, je propose des lectures, des méditations guidées... Ma phrase fétiche, c'est: «C’est l’amour le plus fort.» C’est ce que je veux offrir au monde. Et ce que je donne aux autres, je me le donne aussi maintenant.

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As-tu changé ta façon de vivre depuis ta crise cardiaque?

Oui. Je mange mieux, je médite, je fais attention à moi. Et je ne sépare plus la comédienne de la chamane. J’apporte mes pierres et mes cartes sur les plateaux si je sens que l’énergie s’y prête. Les gens en ont besoin. Et moi, ça me nourrit.

L’amour que tu offres est-il un héritage familial?

Oui, j’ai eu des parents très aimants. Et ma grand-mère, celle qui est apparue dans l’ambulance, a été ma mère de substitution pendant les cinq premières années de ma vie, parce que mes parents m’ont eue très jeunes.

On le sait moins, mais ta première passion était la danse...

Oui! J'ai fait 13 ans de danse: ballet jazz, claquettes, afro, flamenco, ballet classique... Je rêvais de venir à Montréal et de devenir danseuse. Mais à l'époque, ça prenait six pieds de jambe et un poids plume pour devenir danseuse. Quand j'ai rencontré le théâtre en secondaire 5, je me suis aperçue que cette fois, mon corps était mon allié et non pas mon ennemi. C'est drôle, parce que le premier gros contrat que j'ai eu en sortant de Saint-Hyacinthe, ç'a été Grease, où je chantais, dansais et jouais. Ç'a été ma plus belle revanche.

Tu nous as aussi montré un tout autre visage dans la série Empathie. Peux-tu nous parler de cette expérience?

Et dans STAT aussi... C'était des rôles plus durs, de femmes bulldozers. Dans Empathie, il y avait même des effets spéciaux! Mon personnage meurt avec un couteau planté dans le front! J’ai des photos de ça, je n’en reviens pas. J’adore ce genre de défis!

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CAPTURE D’ÉCRAN / AGENCE QMI
CAPTURE D’ÉCRAN / AGENCE QMI

Tu seras aussi dans une série autochtone...

Oui, Pitago Stop sur ICI TOU.TV. C’est une série de fiction qui met en lumière l’humour des Premières Nations. J’adore les projets qui sortent des sentiers battus. Car oui, les autochtones ont tout un humour et j’ai adoré le découvrir. Les téléspectateurs aussi.

On te découvrira également dans un rôle sexy dans la nouvelle série Dérive, qui sera en onde cet automne sur Crave...

Oui, je joue Jess Gauthier, une femme de ménage. Je n’avais jamais tenu ce genre de rôle; celui d’une femme charnelle. J'ai joué pour la première fois, allongée dans un lit, dans un accoutrement très sexy, pour une scène de passion charnelle. Je leur ai dit: «Vous avez vraiment pensé à moi pour jouer ça?» J’adore ces nouveaux castings. Je suis sortie de celui de la mère de famille qui pleure. Là, tout à coup, on m'offre une variété de rôles. Comme si on reconnaissait en moi un côté charnel et une espèce de maturité. Je trouve que je suis une belle femme de 52 ans à qui la vie offre des choses extraordinaires.

Si Dieu le veut prendra l'affiche à l'Espace St-Denis les 4, 6 et 7 février 2026. Pour toutes les autres dates, rendez-vous à l'adresse suivante : universspectacles.com

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