Musique

Samuel Barber

Samuel Barber

Biographie

Voilà encore l’un de ces compositeurs dont une majorité du public ne connaît qu’une œuvre. Et encore… le deuxième mouvement d’une œuvre dans une transcription ! Car le mondialement célèbre Adagio de Samuel Barber, généralement donné dans sa version pour orchestre à cordes, est en réalité le mouvement central de son deuxième Quatuor à cordes. Et si la planète entière a déjà entendu cet Adagio, ne serait-ce qu’à l’occasion d’annonces funèbres ou de funérailles mondiales telles que celle de Kennedy, Roosevelt, Einstein, Grace Kelly dite Grace de Monaco, Diana Spencer dite Ladi Di et tant d’autres, sans oublier le larmoyant lamento farceur d’Amélie Poulain… C’est faire fi non seulement du reste du quatuor initial, mais de toute la production de Barber qui, c’est le moins que l’on puisse dire, ne se limite pas à ce bonbon orchestral.A son actif, 47 numéros d’opus et autant d’œuvres sans numéro, soit une bonne centaine d’œuvres allant de la sonate pour piano à l’opéra, en passant par le ballet, la mélodie, la pièce pour orgue, la musique de chambre, la symphonie, le concerto – le tout écrit entre le début des années 20 et la toute fin de sa carrière qui s’est achevée avec le Third Essay for Orchestra de 1978, trois ans avant sa disparition. Si Qobuz peut se permettre un conseil : ne ratez pas son délicieux opéra-minute A Hand of Bridge, une farce grinçante et ébouriffante mêlant fausse avant-garde et faux jazz pour quatre personnages diaboliquement faux. Ne ratez à aucun prix son magnifique et sombre opéra Vanessa sur un livret de son compagnon Gian-Carlo Menotti, l’une des plus éclatantes réussites de la scène lyrique états-unienne. Ne ratez sous aucun prétexte Knoxville, Summer of 1915, une émouvante scène lyrique d’un petit quart d’heure dont on ne peut que regretter, justement, qu’elle ne dure qu’un petit quart d’heure. Ne ratez d’aucune manière ses trois Essays for Orchestra, qui vous donneront une parfaite vision de l’évolution de compositeur de 1937 à 1942 à 1978, les dates respectives de leur conception. Mille et un enregistrements sont disponibles de son œuvre complet, y compris sur votre irremplaçable Qobuz, et si en effet le nombre d’Adagios disponible est quasiment agaçant, vous découvrirez bientôt des interprétations signées Toscanini, Walter, Mitropoulos, Münch, Szell, Stokowski et tant d’autres grands noms. Bref, ne manquez pas l’un des immensesmusiciens sincèrement romantiques du XXe siècle, dont l’écrasante majorité de la production n’est guère connue de ce côté-ci de l’Atlantique.