Musique

Robert Casadesus

Robert Casadesus

Biographie

De lointaine origine catalane, la famille Casadesus est une véritable dynastie d’artistes français qui a produit de nombreux musiciens depuis cinq générations. Parmi ceux-ci, le pianiste Robert Casadesus a fait une carrière dépassant de loin son pays natal, réalisant même l’essentiel de son activité aux Etats-Unis et jouant sous la direction des plus grands chefs de son époque.Né à Paris en 1899, il entre au Conservatoire où il travaille avec Louis Diémer, l'un des meilleurs professeurs de son temps qui avait formé, entre autres, Alfred Cortot et Yves Nat. Le jeune Casadesus montre de grandes dispositions et sa carrière démarre tout de suite après la guerre. C’est dans les années 20 qu’il crée la Sonate pour alto et piano d’Arthur Honegger, la Fantaisie pour piano et orchestre de Fauré et des œuvres de Ropartz, Enesco, Maurice Emmanuel et Roussel. Son amitié très étroite avec Maurice Ravel illumine sa jeunesse. Entre 1922 et 1924, ils travaillent ensemble les œuvres pour piano de l’auteur du Boléro que Robert Casadesus jouera intégralement en concert à la grande satisfaction du grand compositeur français. Leur entente alla jusqu’à la supercherie consentie, lorsque Casadesus enregistrera la Toccata du Tombeau de Couperin que Ravel, piètre pianiste, était bien incapable de jouer. Casadesus empochera alors le cachet de l’auteur, ce dernier signant la paternité de l’enregistrement !Dans les années 30, les Etats-Unis découvrent le pianiste français et admirent la clarté et la sobriété d’un jeu aux antipodes des pianistes américains. Toscanini l’engage pour jouer le Deuxième Concerto de Brahms, bientôt suivi par Leopold Stokowski, Dimitri Mitropoulos et George Szell. C’est avec ce dernier chef que Casadesus réalisera toute une série d’enregistrements avec le célèbre Orchestre de Cleveland qui ont longtemps tenu le haut du pavé dans le cœur des mélomanes.Le duo que formait Robert Casadesus avec sa femme Gaby est devenu légendaire sur les deux continents au point que la télévision américaine réalisa, en 1957, une émission documentaire intitulée La Première Famille du piano où l’on pouvait voir Robert, Gaby et leurs fils Jean, qui mourra prématurément en 1972 au cours d’un accident de la route.Le répertoire de Robert Casadesus commençait avec Rameau et Bach pour se poursuivre jusqu’à ses contemporains et c’est bien en vain qu’on a essayé de l’étiqueter comme interprète « spécialiste » de Ravel ou de Mozart, une caractérisation qu’il prenait comme une insulte et qui l’horripilait.Si le souvenir de l’interprète s’est aujourd’hui un peu estompé, il serait temps de découvrir son œuvre de compositeur si importante, avec un catalogue comportant 7 symphonies, 7 concertos pour piano (ou pour 3 pianos), 4 quatuors à cordes et un grand nombre d’œuvres de musique de chambre, pour orchestre et pour piano solo.Décédé, sans doute de chagrin en 1972, peu après la disparition de son fils, Robert Casadesus a donné plus de 3 000 concerts au cours de sa carrière, enregistrant de très nombreux disques. Son étoile brille à Hollywood à côté de celles d’Arthur Rubinstein et de Vladimir Horowitz. © François Hudry/QOBUZhttps://play.qobuz.com/playlist/1825339