Musique

Marc Minkowski

Marc Minkowski

Biographie

« Enfant du disque » comme il se définit joliment lui-même, Marc Minkowski a pris ce qu’il y avait de meilleur dans ses modèles : Scherchen pour son extrémisme parfois radical, Stokowski pour sa curiosité et ses excès, Furtwängler pour sa profondeur, Munch pour sa musicalité exceptionnelle, Charles Bruck et Jean-Claude Casadesus avec lesquels il a travaillé. Parmi ses admirations, et ses amis, d’aujourd’hui, Rattle et Gardiner. Minkowski a d’abord joué du basson dans plusieurs ensembles baroques, dont les Arts Florissants de William Christie, mais, très vite démangé par la direction d’orchestre, il fonde, à 19 ans, son propre ensemble qu’il baptise Les Musiciens du Louvre sans aucun souci historique mais tout simplement parce qu’il habite juste en face… Acis et Galathée de Handel, Didon et Enée de Purcell, les comédies-ballet de Lully, tout va très vite pour Marc Minkowski qui s’impose dans le milieu de la musique baroque français en pleine effervescence. Son activité se déploie aussi en dehors de son ensemble : aux Pays-Bas, où il devient directeur artistique des Amsterdam Bach Solisten, à Toulouse, où il dirige le département de musique ancienne du Conservatoire, au Centre de Musique Baroque de Versailles, à Anvers, comme directeur de l’Opéra des Flandres. En 2008, il devient directeur musical du Sinfonia Varsovia, une nomination qui va lui permettre de retrouver une partie de ses racines familiales. Entretemps Les Musiciens du Louvre se sont établis à Grenoble d’où ils rayonnent dans de multiples activités : concerts, spectacles, pédagogie et disques. Le répertoire de Marc Minkowski sort de plus en plus du cadre strictement baroque de ses débuts pour s’ouvrir à Mozart (L’Enlèvement au sérail au Festival de Salzbourg), aux premiers opéras de Wagner, aux opérettes d’Offenbach qui seront un immense succès, jusqu’à la musique de John Adams et de Arvo Pärt. Très curieux de nature, Marc Minkowski s’emploie à rejouer des œuvres oubliées, notamment du répertoire romantique français, les symphonies de Méhul, La Caravane du Caire de Grétry, La Dame blanche de Boïeldieu, Le Vaisseau fantôme de Pierre-Louis Dietsch (couplé au disque avec celui de Wagner) ou le délicieux Mârouf, Savetier du Caire d’Henri Rabaud qu’il a dirigé à l’Opéra Comique de Paris et remonté en 2018 au Grand Théâtre de Bordeaux dont il est le directeur général. En 2011, Marc Minkowski créé le Festival Ré Majeure sur l’île de Ré qu’il connaît depuis sa jeunesse. Homme d’opéra et de théâtre, Marc Minkowski a quelque peu réduit la voilure des ses autre activités, notamment avec les Musiciens du Louvre qui ne sont plus subventionnés par la Ville de Grenoble, pour pouvoir se concentrer sur son travail à Bordeaux. La critique musicale a longtemps caricaturé la direction musicale de Minkowski en la réduisant à « trop lent » ou « trop vite », admettant difficilement la personnalité extrême, et quelquefois despotique, d’un musicien qui défend pourtant ses convictions à travers vents et marées. Celui qui rêvait de devenir cavalier aime aussi mêler musique et chevaux, comme pour ce spectacle autour du Requiem de Mozart avec Bartabas. La diversité de sa discographie illustre parfaitement ses choix musicaux et ses prises de risques stylistiques. Beaucoup de belles réussites discographiques jalonnent la carrière de Marc Minkowski, les opéras et oratorios de Handel (Ariodante, Hercules, La Resurrezione), des œuvres de Lully, Charpentier, Rameau, Gluck, Offenbach, des albums de récitals avec Anne Sofie von Otter, une de ses cantatrices fétiches, Magdalena Kožená ou Cecilia Bartoli. Côté symphonique, Minkowski a gravé les Symphonies Londoniennes de Haydn, des symphonies de Mozart, toutes celles de Schubert et la Symphonie Fantastique de Berlioz. © François Hudry/QOBUZ/fév. 2018