Musique

Jukka-Pekka Saraste

Jukka-Pekka Saraste

Biographie

Issu de cette Finlande où la scène musicale est si vivante, Jukka-Pekka Saraste a tout d’abord reçu une formation de violoniste avant d’étudier la direction d’orchestre à l’Académie Sibelius avec Jorma Panula, dans la même classe qu’Esa-Pekka Salonen et Osmo Vänskä. Devenu co-violon solo de l’Orchestre de la Radio de Finlande (RSO), Saraste est rapidement nommé chef associé de Leif Segerstam, son directeur musical.En 1983, il fonde avec son ami et collègue Esa-Pekka Salonen l’Orchestre de chambre Avanti ! qui se spécialise dans le répertoire contemporain. A la fin des années 1980, Saraste multiplie les responsabilités musicales dans son pays, dirigeant plusieurs orchestres et créant de nouveaux festivals. Nommé directeur musical du RSO en 1987, il y déploie une intense activité de concerts, tournées et de disques, enregistrant deux intégrales des symphonies de Jean Sibelius.Sa réputation franchissant vite les frontières finlandaises, le jeune chef est appelé dans le monde entier, d’abord, en 1994, à Toronto où il doit se battre contre de grandes difficultés financières et affronter les grèves répétitives des musiciens. S’offrant comme médiateur pour essayer de sauver la situation, il finira par démissionner sept ans plus tard, tout en revenant à plusieurs reprises à titre d’invité.Londres, Oslo, Lahti seront ses prochaines étapes jusqu’à sa nomination, en 2008, comme directeur musical de l’Orchestre de la WDR de Cologne qui devient un des meilleurs d’Allemagne sous sa baguette et avec lequel il enregistre de nombreux disques, notamment une belle intégrale de l’œuvre symphonique de Brahms. Jukka-Pekka Saraste est également très intéressé par la formation musicale et se questionne sur l’évolution du métier de chef d’orchestre et de l’image qu’il représente aujourd’hui dans notre monde de communication et d’interactions.Avant de quitter son poste à Cologne (fin 2019), Saraste aura largement participé à l’anniversaire des 70 ans de l’orchestre avec, entre autres, l’interprétation des 9 Symphonies de Beethoven qui feront ensuite l’objet d’une parution discographique. Plus familier de Sibelius, Brahms et Mahler que du maître de Bonn, Saraste, qui ne laisse rien au hasard, s’est englouti dans ce projet, lisant des tonnes de livres sur le sujet et préparant son interprétation à la loupe pour honorer le premier cycle complet de l’Orchestre de la WDR. « La solitude joue un grand rôle dans la musique de Beethoven » explique-t-il, « il faut constamment maintenir en équilibre les courants d’optimisme et de pessimisme. »Fluidité, tempos vifs, sens de l’architecture et équilibre des plans sonores sont les constantes de ce chef qui n’appuie jamais le discours ni les intentions. En homme de son temps, Jukka-Pekka Saraste cultive bien sûr le répertoire symphonique des XIXe et XXe siècles, mais dirige à parts égales la musique des compositeurs d’aujourd’hui, comme Henri Dutilleux, Magnus Lindberg, Esa-Pekka Salonen, Kaija Saariaho, Wolfgang Rihm, Friedrich Cerha ou Pascal Dusapin. © François Hudry/QOBUZ