Musique

Eric Clapton

Eric Clapton

Biographie

Elevé par ses grands-parents, Eric Clapton, bercé par le blues de Muddy Waters et de Robert Johnson, en particulier, montre très rapidement des aptitudes pour la guitare. Des dispositions qu'il développe en montant un premier groupe, les Roosters en 1963, avant de rejoindre brièvement les Casey Jones and the Engineers. C'est en 1964 que la carrière de l'artiste prend une réelle dimension. Il intègre les Yardbirds dont il devient le guitariste et le leader. Il enregistre ses premiers titres, I Wish You Could et A Certain Girl ainsi que deux albums "Five live Yardbirds et "Sonny Boy Williamson and theYardbirds . Malgré le succès retentissant de "For your love", en 1965, il délaisse le groupe devenu trop commercial, selon lui. Eric Clapton est alors remplacé par deux grands noms de la guitare, Jeff Beck et Jimmy Page, qui n'a alors pas encore intégré Led Zepplin. L'artiste, qui se distingue pour la virtuosité dont il fait preuve avec son instrument, accepte la même année la proposition de John Mayall d'intégrer les Bluesbreakers, déjà célèbres dans le milieu du R&B. En 1966, Eric Clapton, qui a un temps rejoint The Glands pour parcourir le monde, enregistre le disque John Mayall's and the Bluesbreakers with Eric Clapton. L'album n'est pas encore sorti, qu'une fois encore, Clapton, instable, lassé par la routine, abandonne sa formation pour créer Cream en 1967 avec Ginger Baker et Jack Bruce. Le guitariste, qui ne tarde pas à être surnommé God (Dieu) pour sa parfaite maîtrise de la guitare qui n'en finie pas de produire de nouveaux sons, parvient à sortir trois disques avec son groupe, Fresh Cream, Disraeli Gears et Wheels Of Fire. Tandis que sort un ultime album en mars 1969, Goodbye Cream, la formation n'existe déjà plus. Les rivalités entre Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce ont raison de Cream. Le guitariste, qui assume mal son statut de chef de file, sombre dans la drogue tout en tentant l'aventure avec les Blind Faith, qui comprend d'abord le chanteur de Traffic, Steve Winwood, et l'ex des Cream, Ginger Baker à la batterie. Nouvelle déception pour Clapton mais surtout pour son public qui attend beaucoup de ce nouveau groupe. En vain, après une première apparition à Hyde Park en 1969, suivie d'une tournée aux Etats-Unis, c'est la dissolution. Echaudé par la médiatisation, qui jusqu'ici n'a fait que nuire à la cohésion au sein de ses groupes successifs, Clapton se joint au coup le de musiciens, Delaney et Bonnie, pour une tournée européenne. Si la collaboration est avortée en 1970, l'expérience s'avère riche. L'artiste s'ouvre aux ballades, aux chansons lentes et à la country qui va prendre progressivement l'ascendant sur ses compositions jusqu'ici blues. Il participe également à un concert donné par John Lennon et Yoko Ono et rencontre George Harrison. Les deux hommes entretiennent une profonde amitié qui conduit Clapton a contribuer au premier album solo de George Harrison, All Things Must Past. Dans le même temps l'amour "s'emmêle", Clapton tombe en amour pour Pattie Boyd, mannequin de son état mais surtout épouse de l'ex-Beatles. La Passion, qui n'est pas partagée au début en tout cas pour finalement se solder par un mariage en 1979, inspire néanmoins l'artiste. Enregistrée avec Derek And The Domino's, Layla, suggérée par la poésie de Nizami, Leila and Majnun, qui conte la Passion d'un homme pour une femme mariée, fait en 1970 d'Eric Clapton un idole au génie créateur. Mais c'est seul qu'il sort les albums 461 Ocean Bld ou encore Slowhand ainsi que les titres Cocaïne et la reprise de Bob Marley I Shot The Sherif qui accentuent, un peu plus encore la popularité du chanteur. Le début des années 80 est entaché par le retour des vieux démons d'Eric Clapton, toujours en proie à l'alcool et à la cocaïne. L'artiste, qui semble remonter la pente depuis sa relation Yvonne Khan Kelly, suivi de son divorce d'avec Pattie Boyd en 1988, est affecté d'abord en 1990 par la disparition d'un guitariste aussi talentueux qu'Eric Clapton peut l'être. Stevie Ray Vaughan qui se produit avec lui se tue dans un accident d'hélicoptère avec deux autres membres de la tournée. Un an plus tard, Conor, son fils âgé de quatre ans, meurt défenestré. Un drame qui lui inspire, l'année suivante, le poignant, Tears In Heaven, extrait également de la Bande originale du film Rush et recompensé par un Grammy Award. Cette chanson relance la carrière du guitariste, qui reprend la route. Il effectue notamment une tournée avec George Harrison au Japon, immortalisée dans Live In Japon. Avec l'album Unplugged en 1992, qui fait la part belle à l'acoustique, il reprend de vieux standards de blues. Il s'offre également un duo avec Sting sur It's Probably Me. Nouveau disque, deux ans plus tard. From The Craddle signe définitivement le retour d'Eric Clapton sur les devants de la scène. L'assurance retrouvée, il s'essaye même à la musique électronique en 1997 avec Retail Therapy, sous le patronyme TDF. Nouveau témoignage de cette sérenité retrouvé, avec Pilgrim en 1998 et Reptile, trois ans plus tard. Deux albums toujours emprunts de sonorités électroniques. Retour aux sources en 2004 avec un monument, l'idole des débuts d'Eric Clapton, Robert Johnson a qui il rend hommage dans Me and Mr Johnson. Surprise l'année suivante, l'artiste reforme Cream avec Jack Bruce et Ginger Baker pour une série de concerts à Londres avant la sortie de son disque Back Home dont certains titres, notamment ceux écrits avec Simon Climie, sont repris lors d'une tournée européenne en 2006. L'année suivante, Clapton effectue son grand retour avec une double compilation, Complete Clapton. L'occasion de réentendre quelques uns de ses succès obtenus en quarante ans de carrière, Layla, Tears In Heaven, I Shot The Sheriff, Cocaine ou encore Motherless Child. Pour son 19e album, Clapton qui sort en septembre 2010, le chanteur s'entoure de Doyle Bramhall II et chante en duo avec Sheryl Crow, Allen Toussaint, Wynton Marsalis ou encore Derek Trucks. En avril 2011, Clapton se produit avec Wynton Marsalis au Lincoln Jazz Center à New York, concert qui donne lieu à la parution d'un double CD qui parait en septembre de la même année. Le 24 février 2012, c'est au tour de Keith Richards, Kim Wilson et Derek Trucks de partager la scène avec Clapton à l'Apollo Theater, pour un concert intitulé Howlin' For Hubert donné en l'honneur du bluesman Hubert Sumlin, mort le 4 décembre 2011 à 80 ans. Alors qu'il fête ses 50 ans de carrière, Clapton a décidé de rendre hommage aux artistes qui l'ont influencés sur l'album Old Sock qu'il publie en 2013. De Leadbelly à J.J. Cale, en passant par Peter Tosh, George Gershwin, Gary Moore et Taj Mahal, Old Sock souligne l'étendue musicale du répertoire du guitariste virtuose, du blues au reggae, en passant par la soul ou le rock'n'roll. Un album également marqué par la présence de J.J. Cale, Steve Winwood, Paul McCartney et Chaka Khan. Si le nom d’Eric Clapton orne le haut de la pochette de The Breeze qui sort en 2014, c’est bien le visage de J.J. Cale qui en occupe toute la surface. Cet Eric Clapton & Friends: The Breeze, An Appreciation Of J.J. Cale ne cache donc pas son jeu et God rend ici hommage à l’une de ses idoles, J.J. Cale… Cale était un style à lui seul. Une sensation. Douceur, tranquillité, pas d’affolement lorsqu’il s’agit d’évoquer la musique de ce songwriter originaire d’Oklahoma City qui joua tout d’abord avec Leon Russell puis Delaney & Bonnie, avant de composer, en 1965, After Midnight qui n'attira l'attention que lorsqu’il fut repris, en 1970, par un certain… Eric Clapton ! Celui-ci chantera d’ailleurs d’autres perles de J.J. Cale, comme Cocaine… En 1972, Cale enregistre enfin son premier album, Naturally, point de départ d’une discographie à cheval sur la country, le blues, le rock et la soul, un univers laid back, décontracté… Eric Clapton & Friends: The Breeze, An Appreciation Of J.J. Cale fête donc le premier anniversaire de la disparition de ce bluesman à part, emporté par une crise cardiaque à 74 ans. Les seize reprises des compositions de J.J. Cale sont signées par un impressionnant casting incluant notamment Tom Petty, Willie Nelson, Mark Knopfler, John Mayer, Derek Trucks, Albert Lee, David Lindley, Christine Lakeland, Greg Leisz, Jim Keltner et bien entendu Clapton. En 2016, retrour à la case départ avec I Still Do. un album 100% blues. La guitare toujours aussi affûtée et les doigts remplis de feeling. Tel un bon vin, c'est un guitariste de 71 ans qui ne cesse d’évoluer et d’apporter de petites notes savoureuses à sa palette pourtant déjà bien garnie qui brille ici d'un bout à l'autre d'un opus délicieux au possible. Pour assumer son entrée dans la fleur de l’âge, le prodige anglais a concocté un retour aux sources non masqué. D’abord, il décide de travailler avec le producteur Glyn Johns. A la grande époque du rock british, ce dernier a produit notamment les Who et l’album mythique Sticky Fingers des Rolling Stones, mais il a aussi été ingénieur du son pour le LP non moins fameux Led Zeppelin I. Ensuite,  God  rappelle des musiciens avec lesquels il est familier : Henri Spinetti, Dave Bronze, Paul Carrack ou Andy Faiweather Low… tous ont déjà eu affaire avec le guitariste. Anecdote intéressante, pour insister sur cet album au contenu nostalgique, c’est l’artiste Sir Peter Blake qui tire le portrait de Clapton le temps d’une esquisse, lui qui avait participé à l’innovante illustration du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Mélange réussi et bien dosé de reprises et de composition, I Still Do offre une écoute plaisante de bout en bout et ramène les plus grands fans, comme les novices, à se laisser emporter par les notes de Blacky, la Stratocaster de Clapton. Rapidement, on comprend l’envie du bonhomme de se faire plaisir sur le style qu’il aime : le blues. Alabama Woman Blues, initialement écrite par Leroy Caar, est un hymne au blues : grille à 12 mesures, tempo ralenti, piano chaloupé, harmonica aux airs de locomotives, guitare slide et saturation, complainte… Le premier titre nous transporte dans un Chicago tamisé, à une époque où le whisky était encore prohibé… Muddy Waters ne l’aurait pas reniée.  On retrouve cette ambiance sur Cypress Grove (reprise de Skip James), et dans une moindre mesure, sur le très british Spiral ou encore Stones In My Passway. Clapton oblige, quelques chansons sont évidemment en acoustique. Little Man, You Had a Busy Day est une autre reprise, ou Clapton chante une berceuse – loin de l’esprit de Tears In Heaven, le titre pourrait malgré tout être un cousin éloigné du précédent – ou encore I Will Be There, à l’accent très country folk. A peine rentré dans une nouvelle décennie, Clapton offre un album de qualité, et marque encore un peu plus la musique de son empreinte... © Qobuz