Musique

Edith Piaf

Edith Piaf

Biographie

Édith Piaf, de son vrai nom Édith Giovanna Gassion, est née à Paris le 19 décembre 1915 et morte à Grasse le 10 octobre 1963 (bien qu’une rocambolesque aventure fasse que sa mort soit post-datée le lendemain à Paris, où des amis ont transporté son corps). Artiste de music-hall et de variété, elle demeure l’une des plus grandes interprètes francophone du XXe siècle et l’une des plus célèbres chanteuses françaises dans le monde. La voix de Piaf est immortelle : on ne compte plus les reprises de La Vie en rose, qui figurent depuis plusieurs décennies parmi les dix chansons françaises qui génèrent le plus de droits d’auteurs à l’international. Son répertoire est régulièrement repris, Céline Dion, Patricia Kaas, Etienne Daho, etc. On a fredonné du Piaf jusque dans la version australienne de The Voice… La Môme Piaf, comme elle était surnommée à ses débuts, aimait raconter qu’elle était née dans la rue. Elle affirmait même avoir été aveugle pendant quatre ans, dans son enfance, et avoir été guérie miraculeusement après un pèlerinage de sa grand-mère sur la tombe de Thérèse Martin, future sainte Thérèse de Lisieux… Piaf aimait se raconter et mettre sa vie en scène. Son histoire a inspiré de nombreux films sur sa vie dont le dernier en date est La Môme d’Olivier Dahan avec Marion Cotillard, qui remporta un oscar pour son interprétation magistrale. Ses amours ont également inspiré le cinéma : Edith et Marcel de Claude Lelouch avec Evelyne Bouix. Elle même a tourné dans un grand nombre de films (et joué dans bon nombre de pièces de théâtre). Interprète hors-norme, le nom d’Edith Piaf est accroché, soit comme auteur, soit comme compositeur, à d’énormes succès internationaux. Ses collaborations furent très fructueuses. De Mon légionnaire (1936), à Non, je ne regrette rien (1960), Edith Piaf a enchaîné les succès, avec la complicité de compositeurs tels que Charles Dumont (Mon Dieu…), Marguerite Monnot (Milord…) ou Norbert Glanzberg (Padam… Padam, Mon manège à moi). Elle est à l'origine de nombreux succès devenus des classiques du répertoire, comme L’hymne à l’amour. Deux de ses tubes sont des adaptations de chansons étrangères : L’Homme à la moto, adapté d’un titre rock américain, et La Foule, inspiré d’une chanson argentine. Yves Montand, Georges Moustaki, Eddie Constantine, Jacques Pills, Paul Meurisse, Théo Sarapo… La liste des amants d’Edith Piaf est longue. « Il fallait qu’elle soit amoureuse pour pouvoir chanter », raconte la sœur de Théo Sarapo, qui fut son dernier compagnon. Mais LE grand amour de sa vie demeure Marcel Cerdan, le boxeur disparu dans un accident d’avion en octobre 1949, pour qui elle écrit l’Hymne à l’amour. « Je t’aime déraisonnablement, anormalement, follement et je n’y puis rien », lui avait écrit Piaf, ajoutant dans une autre missive enflammée : « Je t’aimerais n’importe comment, même assassin ». Le succès venu, alcool et drogue ont provoqué une longue et inéluctable dégradation de sa santé, déjà fragile. Édith Piaf, qui mesurait 1,47 m, a dû subir plusieurs cures de désintoxication et a fini par s’effondrer sur scène, en 1959 à New York. Mais cela ne l’empêcha nullement de s’acharner à continuer de se produire sur scène : »Peu importe la ville où je chante, il faut que je chante tous les soirs! » aimait-elle à répéter. En 1961, à la demande de Bruno Coquatrix, Edith Piaf donne à l’Olympia, menacé de disparition à cause de problèmes financiers, une série de concerts parmi les plus mémorables et émouvants de sa carrière. Édith sauve le célèbre music-hall parisien de la faillite, mais a du mal à se tenir debout et à bouger du fait de sa polyarthrite très invalidante, et ne réussit à chanter que grâce à une importante perfusion de morphine. Le 9 octobre 1961, âgée de 46 ans, épuisée et malade, elle épouse Théo Sarapo, un jeune chanteur âgé de 26 ans. Ils chantent en duo A quoi ça sert l’amour ? écrit par Michel Emer, un de ses fidèles compositeurs. Sa mort, à l’âge de 46 ans, éclipsa celle d’une autre grande figure du monde artistique du siècle dernier, le poète, peintre, écrivain, cinéaste, Jean Cocteau. Ces deux-là étaient des amis, à la vie comme à la scène. Cocteau lui avait écrit la pièce Le Bel indifférent pour qu'elle puisse y jouer. Piaf lui avait demandé de signer la préface de son autobiographie, Au bal de la chance. Le 11 octobre 1963, Cocteau eut le temps de dire : « C'est le bateau qui achève de couler. C'est ma dernière journée sur cette terre » et d’ajouter : « Je n'ai jamais connu d'être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l'or par les fenêtres », avant de mourir lui-même.