Musique

Bob Dylan

Bob Dylan

Biographie

Né Robert Allen Zimmerman, Bob Dylan voit le jour à Duluth (Minnesota) le 24 mai 1941 dans une famille juive de classe moyenne. Il reçoit le nom juif de Shabtai Zisel ben Avraham. Auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre et poète américain, il est l'une des figures majeures de la musique populaire depuis cinq décennies. En 1947, Bob Dylan déménage avec ses parents et David, son jeune frère, dans la ville minière de Hibbing (Minnesota), où son père, salarié à la Standard Oil, fréquente le Rotary Club de la ville et même une loge juive maçonnique. Vers l'âge de 8 ou 9 ans, Robert s'initie au piano puis plus tard, à la guitare et à l'harmonica. Adolescent, il se prend de passion pour la musique pop qu'il écoute à la radio, particulièrement la musique country de Hank Williams (très apprécié dans le Midwest et dans le Sud des États-Unis) dont il répète les morceaux. Il écoute également les stations de radio qui diffusent du blues, tel que celui de Muddy Waters, Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Jimmy Reed. Il s'achète les disques d'Elvis Presley, Buddy Holly, Bill Haley, Bo Diddley et Little Richard. Il adore leurs sonorités et leur énergie rock'n'rolliennes et rêve de jouer le même genre de musique. L'un des tout premiers groupes qu'il intégrera sera les Golden Chords (« Accords Dorés ») qui se produit au lycée de Hibbing où il est élève. Il quittera l'école secondaire en 1959 avec son diplôme de fin d'études correspondant plus ou moins au baccalauréat français. Après le lycée, Dylan a 19 ans et sillonne les États-Unis en auto-stop puis part pour Minneapolis où il s'inscrit en septembre 1959 à l'université du Minnesota pour y suivre des cours d'art et de littérature. Il s'installe à Dinkytown, le quartier étudiant dans la banlieue, repères de défoncés et d'artistes influencés par le mouvement Beat. Peu assidu à ses cours qu'il ne suivra que quelques mois, il découvre alors les chansons folk d'Odetta et du Kingston Trio dont le tube Tom Dooley fait fureur sur les campus. La musique folk ne tarde pas à devenir sa nouvelle passion. Il acquiert progressivement toutes les caractéristiques d'un authentique chanteur folk. C'est à cette époque qu'il commence à prendre le pseudonyme de Bob Dylan. L'origine de ce pseudonyme fut longtemps considérée comme une référence au poète gallois Dylan Thomas, que Robert Zimmerman connaissait, mais il s'agit en réalité de la déformation de son deuxième prénom Allen. Dylan se marie le 22 novembre 1965 avec le mannequin américain Sara Lownds (née Shirley Marlin Noznisky le 28 octobre 1939 à Wilmington, dans le Delaware). Ce mariage reste secret jusqu'en février 1966. Naissent quatre enfants : Jesse Byron Dylan ( né le 6 janvier 1966), Anna Leigh (née le 11 juillet 1967), Samuel Isaac Abraham (né le 30 juillet 1968), et Jakob Luke Dylan (né le date 9 décembre 1969. Dylan a également adopté la fille de Sara d'un mariage antérieur, Maria Lownds (devenue Maria Dylan, née le 21 octobre 1961 et actuellement mariée au musicien Peter Himmelman). Depuis 1989 son fils Jakob est le chanteur principal et le parolier du fameux groupe de rock de Los Angeles, The Wallflowers. Jesse Dylan est un réalisateur et un homme d'affaires prospère, Samuel un photographe. Bob Dylan et Sara divorcent le 29 juin 1977. Bob Dylan se remarie le 4 juin 1986 avec la choriste Carolyn Dennis dont il a un cinquième enfant, Désirée Gabrielle (née le 30 janvier 1986 à Los Angeles). Ils divorcent en octobre 1992. Auteur de centaines de chansons parmi lesquelles This Land Is Your Land, le chanteur de folk américain Woody Guthrie a été l'influence majeure de Bob Dylan. Au début des années 50, il se trouve gravement handicapé par une maladie dégénérative. Le tout jeune Dylan quitte l'université du Minnesota et débarque à New York en janvier 1961 pour y rencontrer son mentor. Sa chanson Song to Woody dit tout sur la sincérité de ses sentiments envers Guthrie. À peine arrivé, Dylan se précipite à Greenwich Village, royaume des clubs de folk et des cafés, des galeries d'art et des librairies. Dans la journée, il boit des expressos, lit de la poésie et écrit des chansons. Le soir, il se produit dans des clubs comme le Gaslight ou le Gerde's Folk City dont les clients lui glissent une obole. Dylan s'imprègne peu à peu de New York où il fait la connaissance d'écrivains, de chanteurs et de poètes. Il chante partout où il le peut. Sa grande chance survient quand Robert Shelton, un journaliste du New York Times, rédige un compte-rendu enthousiaste d'une de ses prestations. Non seulement l'article attire l'attention des autres propriétaires de clubs de Greenwich Village, mais il vaut aussi à Dylan d'obtenir une audition puis un contrat d'enregistrement pour Columbia Records. Après le succès, en 1958, de la chanson du Kingston Trio Tom Dooley, Peter, Paul & Mary, le Chad Mitchell Trio et d'autres encore font pénétrer la musique folk dans les campus des universités et initient ce faisant un revival folk. La musique folk, et, après elle, le rock ont bien souvent véhiculé des messages associés à une cause politique. Les années 60 sont aux États-Unis une époque particulièrement propice à la musique socialement et politiquement contestataire. Le mouvement des droits civiques et la guerre du Vietnam font éclore un grand nombre de chansons protestataires. Le plus influent des auteurs de chansons engagées est Bob Dylan. Reprenant le flambeau abandonné par Guthrie, Dylan compose quelques-uns des chefs-d'oeuvre protestataires de la décennie, au nombre desquels figurent Blowin' in the Wind, The Times They Are A-Changin'», Masters of War et With God on Our Side. Le folk rock naît le soir même de la prestation de Dylan au Newport Folk Festival de l'été 1965. Grâce à Dylan, l'écriture de chansons rock est quasiment du jour au lendemain devenue adulte. Même les Beatles ont modifié leur style. La chanson de Bob Dylan Like a Rolling Stone est considérée comme le plus grandiose et révolutionnaire moment de rock de tous les temps. Les paroles de Dylan d'une grande désespérance poétique - « Quand on n'a rien, on n'a rien à perdre » - assurément pas commune dans l'univers pop du milieu des années 60 - trouvent un écho chez un grand nombre de jeunes qui se sentent étrangers à la culture grand public dominante. La succession d'albums historiques et de concerts fracassants prend temporairement fin en 1966 lorsque Bob Dylan se blesse dans un accident de moto survenu à Woodstock, dans l'État de New York. Dylan prend prétexte de l'accident pour se retirer du monde, renouveler son énergie créatrice et altérer le cours de sa trajectoire musicale. Quand il fait sa réapparition début 1968 lors d'un concert organisé à New York en mémoire de Woody Guthrie, ses fans découvrent le «nouveau» Dylan. Son allure, sa manière de chanter et les ambiances country de la nouvelle musique que l'on peut entendre sur John Wesley Harding et Nashville Skyline, ses derniers albums des années 60, démontrent clairement que Dylan a tourné le dos à son passé. Ce ne sera pas la dernière fois. Dylan obtient le prix Pulitzer de musique en avril 2008, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire », selon le jury. Riche d'une quarantaine d'albums, l'oeuvre de Bob Dylan réunit la musique traditionnelle qui a accompagné l'édification des États-Unis et la modernité la plus avant-gardiste : l'Ouest profond et Greenwich Village. Il est l'un des artistes qui ont le plus révolutionné la musique populaire dans les années 1960 et 1970, contribuant à l'élever au rang d'un véritable art. Son influence déborde même du cadre de la musique, s'étendant à la littérature, au cinéma et même à la politique, puisqu'il fut, de manière plus ou moins involontaire, l'un des meneurs de la contreculture de cette époque. Musicalement, même si ses compositions restent le plus souvent relativement «classiques», il a contribué, au côté d'artistes comme Eric Clapton et The Rolling Stones, à faire entrer la musique traditionnelle américaine - blues, folk, country ... - dans l'ère moderne, comme le montrent les disques de sa « première époque rock », entre 1965 et 1966. Mais le domaine dans lequel Dylan a eu une importance cruciale est celui des textes : dès son deuxième album (le premier étant presque entièrement composé de reprises, comme cela se pratiquait très couramment à l'époque), il a imposé une manière d'écrire des chansons totalement unique à son époque. Inspirés par la littérature, la poésie surréaliste, mais aussi les «folksongs» réalistes de la grande tradition américaine, ses textes dessinent un univers intérieur d'une richesse exceptionnelle. Près d'un demi-siècle après avoir modifié le cours de l'histoire de la musique, Dylan continue d'enregistrer des albums et de se produire sur scène.