Attaque sauvage dans un bar de Sherbrooke: un tueur croupira en prison pour au moins 14 ans
L'homme de 28 ans a sauvagement et gratuitement attaqué un quinquagénaire

Jonathan Tremblay
Le tueur d’un quinquagénaire attaqué gratuitement et sauvagement dans un bar en Estrie ne pourra espérer sortir de prison avant 14 ans, ce qui soulage le père de la victime.
« Je suis content que ce soit fini. Il [Kevin Sanders] a poigné une pas pire sentence », a confié au Journal Gérard Mailhot, 82 ans, vendredi matin, peu après la décision du tribunal dans le dossier du meurtrier de son fils Joël Mailhot, au palais de justice de Sherbrooke.
« On va pouvoir tourner la page, un peu », a-t-il poursuivi.

Le juge Charles Ouellet a entériné la suggestion de la poursuite de repousser de quatre ans le délai de 10 ans normalement prévu dans ce type de cas, pour l’éligibilité à une demande de libération conditionnelle.
« Le caractère insaisissable, imprévisible et potentiellement dangereux du délinquant, ainsi que la gravité de l’infraction, et les circonstances de sa perpétration, justifient l’imposition d’une période de mise à l’épreuve supérieure au minimum prévu par la loi », a-t-il affirmé.
Frustré
En mars dernier, Sanders a été déclaré coupable par un jury de meurtre non prémédité. Celui qui se représentait seul était donc assujetti à une peine à vie.
C’est à La Taverne Urbaine, rue Alexandre à Sherbrooke, le 17 août 2020, que l’homme de 28 ans a commis l’irréparable.
Ce soir-là, celui-ci était « déçu et frustré » que la serveuse se soit désintéressée de lui, la veille, après qu’elle l’avait invitée à l’accompagner dans un autre bar.
« Cette frustration est tout ce qu’il aura fallu pour amener Sanders à commettre le meurtre brutal de Joël Mailhot, moins de 24 heures plus tard », a exposé le magistrat.
L’accusé s’est alors montré agressif envers la serveuse, au point où elle a craint pour sa sécurité. C’est alors que la victime de 50 ans s’est présentée au bar.
Contente d’avoir une distraction, la serveuse a discuté avec le nouveau client.
De violents coups
Lorsqu’elle a manifesté son intention de fermer l’endroit plus tôt, l’étudiante s’est fait rétorquer par Sanders qu’il avait payé sa bière et allait la terminer.
Cette dernière lui a indiqué qu’elle allait appeler la police s’il ne collaborait pas. L’homme offusqué a alors prévenu qu’il allait « péter la gueule » de Mailhot, si tel était le cas. Il a ensuite mis sa menace à exécution en la voyant agir.
Il a agrippé sa victime par la gorge, avant de la renverser au sol et lui assener 18 coups de poing violents au visage, et quatre coups de talon.
Le père de famille n’a eu le temps de se défendre qu’en cassant son verre de bière sur la tête de son assaillant. Ses blessures se sont toutefois avérées fatales.
Il a succombé à celles-ci dans les jours suivants.

La Cour a retenu comme facteurs aggravants la gratuité et l’extrême violence de l’attaque, l’acharnement sur la victime et l’indifférence de Sanders, entre autres.
« Sanders n’avait aucune raison de s’en prendre de la sorte à Joël Mailhot, outre de vouloir se prouver à la jeune serveuse. Il n’y avait aucun historique entre [eux] », a expliqué le juge Ouellet.
« Sanders s’est enfermé dans une attitude insondable qui n’augure rien de bon », a-t-il conclu, concernant le comportement du tueur.
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