Intervention à Terrebonne: un homme recherché, armé et dangereux se cachait ici
Le fugitif s’est enlevé la vie lors d’une opération policière mardi

Jonathan Tremblay et Antoine Lacroix
L’homme de 42 ans au cœur d’une vaste opération policière mardi à Terrebonne était un fugitif lourdement armé et recherché pour des crimes violents aux États-Unis.
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Simon Betser a tenu en haleine les forces de l’ordre avant de s’enlever la vie mardi, en fin d’après-midi, au 2e étage d’un jumelé, rue Foucault.

Vers 14 h 30, le Groupe tactique d’intervention (GTI) de la Gendarmerie royale du Canada est arrivé en trombe dans le quartier familial.
Peu après, une femme, qui était présente dans la maison, s’est rendue, avant d’être appréhendée par les policiers. Betser est demeuré barricadé.
Les policiers ont finalement découvert l’homme inanimé dans la résidence.
Selon nos informations, plusieurs armes à feu ont été trouvées à l’intérieur. L’endroit était surveillé depuis quelque temps, afin de s’assurer que le fugitif, dans la mire des autorités, s’y trouvait bien.
Cette opération a été commandée par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), qui voulait coffrer l’Ukrainien d’origine, recherché en vertu d’un mandat d’immigration pancanadien. Il était aussi recherché par le US Marshals Service.
Une ex séquestrée
En 2019, Betser avait été arrêté au Connecticut pour avoir séquestré une ex-copine durant deux jours avec un complice. Celle-ci avait alors subi l’enfer, ayant été victime d’agressions et de menaces, selon des médias américains.
Elle avait finalement réussi à s’enfuir, et Betser avait fait face à de nombreuses accusations. De plus, l’année précédente, la police avait trouvé une cache d’armes et de munitions au même endroit.
Depuis environ trois mois, l’homme louait sous un faux compte Airbnb la maison où s’est déroulée l’impressionnante opération policière de mardi, a confirmé la propriétaire. Il y résidait avec la femme appréhendée par les policiers avant son décès. Cette dernière était aussi recherchée.
«Il avait l’air malade. Il avait perdu du poids. Il ne sortait jamais, a témoigné hier Mathieu Toupin, voisin immédiat, qui a entendu trois détonations. Dernièrement, je le trouvais bizarre, il était dans ses fenêtres, et promenait ses deux chiens.»
«Je ne les ai jamais rencontrés. Je leur parlais par l’application. Ils payaient», nous a pour sa part affirmé la proprio.
Sur place hier, Le Journal a pu faire le tour de la résidence où le drame s’est joué.
En entrant, on apercevait les éclats d’une bombe lacrymogène lancée dans le portique. Puis à l’étage, la chambre principale, où Betser est décédé, laissait place à une scène digne d’un film d’horreur.
Murs maculés
Une mare de sang couvrait le plancher de la garde-robe, et les murs blancs étaient maculés de taches rouges. Le comptoir de la salle de bain était quant à lui rempli de ce qui semblait être du cannabis et des pilules.

Recherché par les forces de l’ordre américaines, le suspect semblait résider au Canada depuis au moins deux ans. Il a notamment écopé d’une amende de 350 $ pour une infraction au Code de la sécurité routière en juin 2020.
Hier, les autorités se lançaient la balle pour dévoiler des détails de l’intervention.
Et même si l’individu est décédé durant une opération policière, le Bureau d’enquêtes indépendantes n’enquêtera pas.
«Aucune enquête ne sera demandée, puisque selon la Loi sur la police, le BEI a compétence sur les interventions des corps de police du Québec», a confirmé la Sécurité publique du Québec. L’ASFC n’a pas voulu commenter l’enquête encore en cours.
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