Menacée de mort, Marwah Rizqy a songé à quitter la vie politique
TVA Nouvelles
L’un des sujets qui fait le plus couler d’encre après quatre jours de campagne n’est ironiquement ni une promesse ni un enjeu électoral de parti politique. Certes, la sécurité des personnalités politiques, chefs et députés, met en lumière les risques auxquels elles s’exposent au quotidien.
Voyez l'entrevue de Marwah Rizqy à l'émission «Le Bilan» dans la vidéo, ci-dessus.
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À un point tel que la députée libérale Marwah Rizqy, enceinte et elle-même exposée à des menaces de mort, a songé à quitter la vie politique.
«La semaine dernière, j’étais sur le bord de dire "savez-vous quoi? Ça ne m’intéresse plus". Pendant vingt-quatre heures, j’étais sur le bord de dire "ça suffit!"», a-t-elle confié, mercredi soir, sur les ondes de l’émission «Le Bilan» à LCN, après une journée éprouvante.
Écoutez l'entrevue avec la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier à l’émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 10 h 20 via QUB radio :
«Moi, maintenant, il faut que je pense pour deux. Très franchement, j’ai 37 ans et je suis enfin enceinte avec huit mois de grossesse, a-t-elle souligné la voix nouée par l’émotion.
«J’ai fait le choix du service public. Je veux continuer, mais donnez-nous les ressources – pas juste pour moi personnellement. Il y a d’autres personnes qui ont des menaces.
L'homme accusé
Un homme a été accusé d’avoir menacé la députée. La libérale demande des mesures de sécurité pour les élus.
«La tension, je la sens, le monde pense que tout est beau au Québec, non!», lâche la députée de Saint-Laurent, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
Il y a une dizaine de jours, un individu a proféré des menaces à son endroit sur les réseaux sociaux. Il s’est ensuite mis à appeler des postes de police municipaux et même le bureau de circonscription d’un collègue député pour annoncer sa mort prochaine.
«J’en ai pas dormi pendant trois nuits», confie la femme, enceinte de huit mois. Elle a eu droit à une escorte policière durant une journée. «Là, mes genoux ont commencé à claquer. Pour la première fois j’ai dit, si je n’en ai pas d’escorte, ça ne me tente plus (de faire campagne)», ajoute-t-elle.
L'homme en question, Claude Delaney, est accusé d'harcèlement criminel envers la députée Marwah Rizqy et d'avoir communiqué avec elle de manière répétée, par un moyen de télécommunication. Les infractions reprochées à l'homme de Sorel se sont échelonnées entre le 1er septembre 2021 et le 25 août dernier, selon l'acte de dénonciation dont a pu prendre connaissance Le Journal. Il a plaidé non coupable et a été libéré sous conditions.
Faire de la politique en 2022 vient désormais avec son lot de menaces et d’insultes. Les chefs de parti bénéficient majoritairement d’importantes mesures de sécurité, mais ce n’est pas le cas des députés qui n’ont pas de fonctions ministérielles. Selon Marwah Rizqy, le moment est venu de se préoccupe de cet enjeu.
«C’est notre nouvelle réalité. On est vraiment naïfs au Canada pour un pays du G7 de croire que c’est correct d’avoir autant d’élus sans aucune protection, dit-elle. Dans mon cas, les gens me reconnaissent dans la rue, je n’ai pas un nom que les gens ne peuvent pas se rappeler(...) Qu’on enligne nos flûtes et qu’on ait de la sécurité. Ce n’est pas comme si le Québec n’a pas déjà eu des cas, il y a un fou qui est rentrée à l’Assemblée nationale, il y a eu un attentat politique contre Pauline Marois et il y a une tension sociale, c’est assez palpable» .
Depuis, la députée libérale de Saint-Laurent a demandé qu’on lui fournisse un «bouton de panique» pour se sentir davantage en sécurité.
Avec la collaboration d'Antoine Lacroix