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L'article provient de Le Journal de Québec
Justice et faits divers

Recours collectif autorisé contre les Frères de l’instruction chrétienne: 68 victimes alléguées d’abus sexuels dans plusieurs régions du Québec

DENIS HUDON/LE POINT/AGENCE QMI
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Photo portrait de Jean-Philippe Guilbault

Jean-Philippe Guilbault

2024-05-22T18:18:49Z
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La Cour supérieure du Québec a autorisé l’exercice d’un recours collectif de droit civil contre les Frères de l’instruction chrétienne, une congrégation catholique ayant œuvré dans plusieurs écoles de la province, dont à Lévis et en Beauce, pour de présumés abus sexuels commis de 1940 à aujourd’hui.

C’est le cabinet d’avocats Arsenault, Dufresne et Wee qui pilote le dossier et qui représente pour le moment 68 victimes alléguées.

L’autorisation a été accordée mardi par la Cour supérieure de Montréal après une audience au début du mois de mai.

Le représentant désigné des victimes sous l’action collective, M.J., aurait été victime d’agressions sexuelles entre 1960 et 1961 par un frère de la congrégation alors qu’il était élève à l’école Sainte-Bernadette de Lourdes, maintenant Sainte-Bernadette-Soubirous, dans le quartier Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal.

«Mais ce n’est pas cantonné à Montréal ou à ses environs, précise en entrevue avec Le Journal l’avocat responsable du dossier, Me Antoine Duranleau-Hendrickx. Des Frères de l’instruction chrétienne, il y en avait partout au Québec.»

Outre M.J., d’autres victimes présumées auraient subi des abus sexuels dans des écoles ou autres établissements d’enseignement religieux, notamment à Lac-Etchemin, à Lévis, à Dolbeau et à Farnham.

Le cabinet – qui représente également les présumées victimes du recours collectif contre le diocèse de Québec – vise la congrégation religieuse d’abord «parce que la grande majorité des individus, des agresseurs présumés, sont morts», explique Me Duranleau-Hendrickx.

«C’est aussi la congrégation qui possède les fonds monétaires pour éventuellement dédommager les victimes, ajoute l’avocat. Les frères enseignants faisaient vœu de pauvreté et remettaient leurs biens à la congrégation.»

Me Duranleau-Hendrickx estime aussi que la congrégation a sa part de responsabilité dans les abus qu’auraient vécus les victimes présumées. «Ils étaient au courant et nous devrons le prouver devant le juge.»

Selon lui, il est encore trop tôt pour déterminer si une entente hors cour pourra être conclue avec les Frères de l’instruction chrétienne, un scénario qui serait «plus rapide» qu’un procès.

La prochaine étape, d’ici trois mois, sera une demande introductive d’instance et une liste anonyme des présumées victimes et des actes subis sera alors rendue publique.

Au moment de publier, les Frères de l’instruction chrétienne n’avaient pas répondu à notre demande d’entrevue.

La congrégation, fondée au 17e siècle en France, a œuvré dans le domaine de l’éducation partout sur la planète. Elle est établie au Canada depuis 1886.

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