Qui est «Le Serpent», ce tueur en série maintenant libre?


Gabriel Ouimet
Le tueur en série français Charles Sobhraj, surnommé «Le Serpent», a inspiré la série Netflix du même nom. Il a été libéré vendredi après avoir passé 19 ans dans une prison de Katmandou, au Népal.
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L'un des plus redoutables meurtriers du 20e siècle vient d’être libéré par les autorités népalaises en raison de son âge et de son état de santé précaire.
Condamné à la prison à vie en 2004 pour le meurtre de deux touristes nord-américains près de 30 ans plus tôt, Charles Sobhraj, aujourd’hui âgé de 78 ans, a besoin d’une opération à cœur ouvert. Conformément à la loi népalaise, il a donc été transporté dans un fourgon de police jusqu’à l’aéroport de Katmandou, où il sera déporté vers la France.

Retour sur la sombre carrière du Serpent, soupçonné d’avoir manipulé et tué plus d’une vingtaine de jeunes touristes en Asie du Sud dans les années 1970.
Un dangereux séducteur
Évadé d’une prison en Grèce en 1973, Charles Sobhraj, citoyen français d’origine vietnamienne et indienne, avait déjà une feuille de route criminelle bien garnie quand il a débarqué à Bangkok, la capitale thaïlandaise, en 1975.
Charmant, manipulateur et capable de parler plusieurs langues, Sobhraj se faisait passer pour un négociant de pierres précieuses du nom d’Alain Gauthier. Avec l’aide de sa complice, la Québécoise Marie-Andrée Leclerc, il se liait d’amitié avec de jeunes voyageurs hippies occidentaux pour leur voler leur argent et leur passeport, avant de les droguer et de les assassiner.

Il aurait fait plus d’une vingtaine de victimes en tout, dont plusieurs ont été battues, étranglées ou brûlées. Il falsifiait ensuite les passeports volés et s’en servait pour voyager sous de fausses identités.
Son mode opératoire est décrit en détail dans Le Serpent, la populaire minisérie réalisée par la BBC et diffusée sur Netflix en 2021.
Évasion spectaculaire en Inde
Si Charles Sobhraj est surnommé Le Serpent, c’est aussi parce qu’il a réussi à échapper à la justice à de nombreuses reprises.
En juillet 1976, il a été arrêté en Inde après avoir essayé de droguer un groupe d’une vingtaine de touristes français dans un hôtel de New Delhi. Pendant sa détention, il a été condamné pour deux meurtres en 1978 et en 1982, mais les deux décisions ont été infirmées par la suite, faute de preuve.
À la fin de l’année 1985, l’Inde décide de l’extrader vers la Thaïlande, où il risque la peine de mort, puisqu’il y est recherché depuis plusieurs années pour cinq assassinats.
Sobhraj réussit alors l’impensable: il s’évade après avoir offert des bonbons empoisonnés à ses gardiens de prison. Il est toutefois arrêté au terme d’une chasse à l’homme de 22 jours et restera en prison jusqu’à ce qu’il soit libéré en 1997.
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Du front tout le tour de la tête
À la suite de cette libération, le meurtrier se sauve en France. Il y vit jusqu’en 2003, avant de repartir pour le Népal – où il est toujours recherché – sous une fausse identité dans le but de participer à une opération d’exportation de châles.

Il est cependant rapidement reconnu à son arrivée à Katmandou et les autorités népalaises procèdent à son arrestation pour les meurtres de deux touristes, un Canadien et une Américaine, survenus en 1975.
Il a ensuite été emprisonné jusqu’au 23 décembre 2022.
– Avec les informations de l'AFP