Qu’est-ce que la bigorexie, le trouble qui pousse à se surentraîner?


Andrea Lubeck
Le documentaire Adonis s’intéresse à des hommes prêts à tout — ou presque — pour devenir toujours plus forts et plus musclés. Mais saviez-vous que l’exercice physique peut devenir une véritable obsession? Ce trouble s’appelle la bigorexie. On vous explique.
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Aussi connu sous les noms de «complexe d’Adonis» et d’«anorexie inversée», la bigorexie est un trouble du comportement alimentaire qui touche particulièrement les hommes. Les femmes peuvent toutefois aussi en souffrir.
Les personnes qui souffrent de bigorexie sont prêtes à tout pour atteindre un idéal corporel et musculaire, que ce soit s’entraîner avec excès, surveiller attentivement son alimentation ou même prendre des substances permettant de réaliser son objectif, comme des stéroïdes.
Une personne bigorexique va avoir une croyance obsessive que son corps doit être plus mince et musclé, porter une attention «incontrôlable» à sa routine d’entraînement, voir son travail et sa vie sociale affectés par des carences corporelles et va continuer de s’entraîner malgré les signaux que lui envoie son corps, détaille notamment l’organisme Anorexie et boulimie Québec (ANEB) sur son site web.
Des risques pour la santé
Si on sait que l’exercice présente des vertus pour la santé, s’entraîner obsessivement n’est pas sans risques, avait prévenu Olivier Dupuy, professeur assoicé à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, en entrevue à 24 heures.
«C’est une quête embêtante d’aller chercher ce physique qu’on voit sur les réseaux sociaux, où les gens sont cut et sans masse grasse. Ça ne tient pas longtemps, le corps n’est pas fait pour ça», expliquait-il.
Il ajoutait par ailleurs que des limites à ne pas dépasser existent pour que le corps puisse continuer à s’adapter à ce qu’on lui demande de faire.
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Parmi les conséquences d’un tel dépassement, on compte la fatigue chronique et la diminution des capacités physiques. Et ça, c’est sans compter les effets de la prise de stéroïdes, qui peuvent être néfastes pour la santé.
Difficile toutefois d’associer un «chiffre magique» pour déterminer si les habitudes d’entraînement peuvent être qualifiées de dépendance.
«Quand l’exercice physique prend toute la place dans notre tête, qu’on y pense presque toute la journée, c’est problématique», avait alors ajouté Marilou Ouellet, docteure en psychologie, en entrevue à 24 heures.
— Avec des informations de Geneviève Abran