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L'article provient de 24 heures

Il faisait des crises de panique lorsqu’il mangeait trop salé ou gras

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Photo portrait de Sarah-Florence  Benjamin

Sarah-Florence Benjamin

2024-02-01T12:00:00Z
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C’est généralement bon pour la santé de manger sainement. Mais pour certaines personnes, l’obsession de bien manger peut se transformer en un trouble alimentaire : l’orthorexie. Deux personnes qui en ont souffert témoignent.  

«J’avais peur d’avaler un truc nocif pour ma santé, ce qui est paradoxal, car en ne mangeant quasiment rien ou juste de la salade, tu dépéris et t’es plus du tout en santé», confie Gabrielle (prénom fictif). 

Les aliments «trop gras» comme le fast-food et les aliments transformés ou les plats faits maison comme le macaroni au fromage étaient bannis de son alimentation. Il lui arrive encore de faire des rechutes, notamment lors de périodes plus stressantes.  

«Dans ces moments-là, je remplis mon frigo de seulement des légumes verts, des fruits et des noix. Je ne sors plus avec mes amis de peur de ne pas respecter mes restrictions alimentaires. Ça me crée tellement d’envies que ça finit en crise de boulimie après une semaine», raconte-t-elle. 

Pour Gabrielle il n’y a aucun doute : c’est à l’enfance que son trouble alimentaire s’est développé. 

«Ma mère était obsédée par son poids et les aliments santé, en plus, je faisais du ballet. J’avais peur de devenir grosse et que ma mère ne m’aime plus et que je ne puisse plus danser.» 

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Mais c’est quoi, au juste, l’orthorexie? 

«C’est l’obsession de bien manger qui prend tellement de place dans la vie d’une personne qu’elle en change ses habitudes», explique Sophia Zito, présidente du conseil d’administration de la Fondation Anorexie et boulimie Québec (ANEB). 

«On se met à voir l’alimentation avec des règles extrêmement rigides et on ressent beaucoup d’anxiété à l’idée de ne pas les respecter», poursuit-elle.  

Il n’existe pas encore de diagnostic officiel pour l’orthorexie, mais c’est un trouble alimentaire reconnu et traité par les spécialistes de la santé mentale et de la nutrition. Parce que même une bonne habitude, comme manger sainement, peut devenir nocive lorsqu’elle devient obsessionnelle rappelle Sophia Zito. 

Sophia Zito
Sophia Zito ANEB

De «faire attention» au trouble alimentaire 

Lorsqu’Éric (prénom fictif) mangeait un plat «mauvais pour la santé», il faisait des crises de panique.  

«Si je mangeais un plat préparé, je commençais à penser que j’allais mourir dans l’heure, parce que c’était trop salé ou trop gras», raconte celui qui passait souvent des jours sans manger ou boire autre chose que de l’eau ou du café.  

Mais après avoir consulté une psychonutritionniste, il a appris qu’il n’y a pas d’aliments mauvais en soi.  

«Je n’angoisse plus devant la nourriture et si j’ai envie d’aller manger une poutine, je ne vais pas me priver et surtout je vais en profiter pleinement», mentionne-t-il.  

• À lire aussi: «J’ai des périodes de crise où je mange tout ce que je trouve»: l'hyperphagie, ce trouble alimentaire méconnu

Des messages nocifs sur les réseaux sociaux 

C’est possible de se défaire de l’orthorexie, mais Sophia Zito reconnaît que l’avalanche d’informations pas toujours fiables sur la santé et la nutrition sur les réseaux sociaux rend la tâche plus difficile. 

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«On voit beaucoup de gens qui font la promotion d’attitudes dommageables par rapport à la nourriture sous le couvert de conseils santé. Lorsque quelqu’un qui a déjà une vulnérabilité à ce niveau reçoit ça, ça peut venir jouer dans la tête», regrette-t-elle. 

Elle conseille de se tenir loin de tout créateur de contenu qui suggère de bannir des aliments de son alimentation. 

• À lire aussi: Est-ce qu’il y a des risques à trop s’entraîner?

La sensibilisation est particulièrement importante à ses yeux, surtout en cette Semaine de sensibilisation aux troubles alimentaires.  

«Plus on en parle, plus on peut reconnaître les signes de trouble alimentaire et développer son sens critique par rapport à ce genre de messages. Ça permet aussi aux personnes qui vivent avec un trouble de briser l’isolement.»  

*Les prénoms de ces personnes ont été changés pour maintenir leur anonymat 

Anorexie et boulimie Québec  

Ligne d’écoute et texto 

514 630-0907 (Montréal)  

1 800 630-0907 (Reste du Québec)  

Clavardage 

https://anebquebec.com/ 

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