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L'article provient de Le Journal de Montréal
Justice et faits divers

Noyade dans la rivière Saint-Charles, en Montérégie: «C’était une question de temps avant que ça arrive»

Des riverains souhaitent que les autorités sécurisent le secteur agité de la rivière où un homme en planche à pagaie s’est noyé, à Salaberry-de-Valleyfield

L’opération de sauvetage pour retrouver l’homme âgé de 40 ans qui a sombré dans l’eau alors qu’il faisait de la planche à pagaie, le 24 juin dernier.
L’opération de sauvetage pour retrouver l’homme âgé de 40 ans qui a sombré dans l’eau alors qu’il faisait de la planche à pagaie, le 24 juin dernier. PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE LAPIERRE
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Photo portrait de Erika Aubin

Erika Aubin

2025-06-25T23:00:00Z
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Des riverains bouleversés après avoir vu un homme en planche à pagaie se noyer mardi dans la rivière Saint-Charles, en Montérégie, espèrent que les autorités sécuriseront le secteur du plan d’eau sur lequel des accidents se déroulent souvent sous leurs yeux.

• À lire aussi: Un homme se noie lors d’une sortie en planche à pagaie à Salaberry-de-Valleyfield

«Malheureusement, c’était une question de temps avant qu’un drame arrive. On a été témoin souvent d’incidents, mais c’était celui de trop», confie Mélanie Lapierre.

En après-midi à la Saint-Jean, elle était sur son balcon à Salaberry-de-Valleyfield quand elle a vu passer un homme et une femme en planche à pagaie. Mme Lapierre assure que les deux portaient à ce moment une veste de sauvetage.

Coincé sous l’eau

Peu après, elle a entendu un cri à glacer le sang. Mme Lapierre a tout de suite composé le 911.

L’homme âgé de 40 ans aurait chaviré de sa planche près du pont Masson. Il est resté coincé sous l’eau des dizaines de minutes.

«Sa planche était prise après le pilier du pont et lui était sous les remous de l’autre côté du pilier, encore attaché par la laisse de sécurité», décrit Mme Lapierre.

Un homme de 40 ans en planche à pagaie s'est noyé lors de la Saint-Jean, à Salaberry-de-Valleyfield.
Un homme de 40 ans en planche à pagaie s'est noyé lors de la Saint-Jean, à Salaberry-de-Valleyfield. PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE LAPIERRE

Après plus de 30 minutes, les pompiers sont parvenus à sortir de l’eau le plaisancier, mais son décès a été constaté à l’hôpital. Sa veste de flottaison serait remontée à la surface, selon la résidente.

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Quant à la femme qui l’accompagnait, elle est parvenue à rejoindre la berge à la nage.

Cette portion de la rivière est particulièrement dangereuse en raison de petites rapides, explique Mme Lapierre. 

«Les gens partent où la rivière est calme, mais s’ils s’aventurent plus loin que le pont Masson, ça devient dangereux», dit-elle.

D’ailleurs quelques minutes après le drame, les pompiers sont intervenus pratiquement au même endroit pour une famille qui était incapable de revenir vers les berges, rapporte Christian Poulin, chef des opérations pour le Service de sécurité incendie de Salaberry-de-Valleyfield.

Mme Lapierre voit régulièrement des gens en planche à pagaie tomber à l’eau à cause du courant agité.

Les petites rapides de la rivière Saint-Charles, en Montérégie, à la hauteur du pont Masson.
Les petites rapides de la rivière Saint-Charles, en Montérégie, à la hauteur du pont Masson. PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE LAPIERRE

Les autorités interpellées

Ainsi, elle souhaite que les autorités installent des pancartes pour avertir des dangers ou encore des cordes sur l’eau pour délimiter la zone à risque.

«Il doit bien y avoir une solution. Il faut que quelque chose soit fait, car les touristes ne savent pas nécessairement à quel point c’est dangereux», estime-t-elle.

Son conjoint, Daniel Sénécal, qui a assisté impuissant à la scène, abonde dans le même sens.

«J’en suis encore bouleversé aujourd’hui [mercredi]. Voir la mort en direct devant ton domicile, on n’est jamais préparé à ça et on ne veut pas revivre ça.»

Le pompier Christian Poulin a entrepris des démarches en ce sens auprès de la municipalité. 

«On n'en veut pas d'autres [décès]», laisse-t-il tomber.  

Le Ministère des Transports entreprend début juillet des travaux majeurs qui empêcheront les usagers de poursuivre leur parcours vers les rapides. Durant cette période, «un plan de portage est prévu», a précisé la Ville par courriel. 

Depuis lundi seulement, trois personnes se sont noyées dans le grand Montréal.

Un plongeur de 45 ans qui a sombré dans le fleuve Saint-Laurent, à Coteau-du-Lac, a été retrouvé mercredi avant-midi, après deux jours de recherche. 

Lundi, un homme de 27 ans originaire du Congo s’est noyé à la plage de Verdun.

La Société de sauvetage recense 27 noyades depuis le début de l’année, comparativement à 24 à pareille date l’an dernier.

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