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L'article provient de Le Journal de Montréal
Culture

Nouveau roman de Jean-Philippe Baril-Guérard: et si Greta Thunberg n’était qu’un pion?

Jean-Philippe Baril-Guérard
Jean-Philippe Baril-Guérard Photo d'archives, Agence QMI
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Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2023-03-30T20:45:22Z
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Dans son prochain roman, le comédien et dramaturge Jean-Philippe Baril Gérard, à qui l’on doit notamment «Haute démolition», «Royal» et «Manuel de la vie sauvage», s’intéressera à la sauvegarde de l’environnement et à l’instrumentalisation des enfants dans cette lutte. 

Se demandant, encore une fois, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour défendre nos idées, une question qui a souvent teinté ses œuvres, l’auteur mettra ici en scène un protagoniste qui prétend se battre pour une grande cause. «Il est question de sauvegarde de l’environnement et d’utilisation des enfants comme porte-étendards de cette lutte-là», a-t-il expliqué à Stéphan Bureau, dans le plus récent balado «Contact», sorti jeudi sur QUB radio.

Il y dresse par le fait même, inévitablement, un parallèle avec la jeune activiste Greta Thunberg, «mais une Greta qui ne serait pas celle qui a eu l’initiative et qui se retrouve comme un pion, instrumentalisé par papa», a-t-il dit.

«Greta Thunberg, je ne pense pas qu'elle serait là si ses parents ne l'avaient pas encouragée et aidée là-dedans», a ajouté le dramaturge multidisciplinaire, rappelant qu’il aimait s’attaquer à des figures plus grandes que nature, voire presque intouchables, comme il l’a fait avec les avocats dans «Royal» ou avec les humoristes dans «Haute démolition».

Au cours de cet épisode de «Contact», Jean-Philippe Baril-Guérard a aussi abordé avec Stéphan Bureau la question de la morale dans la réussite et de la haine comme un vecteur de performance, mais aussi des écarts générationnels et idéologiques qui se sont dessinés depuis l’avènement des réseaux sociaux et de son parcours artistique, professionnel et familial.

Ayant un faible pour les antihéros qu’il met couramment en scène dans ses œuvres, l’auteur s’est aussi désolé devant l’appauvrissement du débat dans l’espace public par l’imposition rapide d’étiquettes réductrices, souvent indiscutables, et sans appel, mais aussi des conséquences qu’elles entrainent.

«Il y a plus moyen du tout de modérer le discours. On se retranche rapidement dans son coin. Quand on dit que quelqu'un est fasciste, nazi ou misogyne, c'est difficile de se remettre d'une étiquette comme ça», a-t-il souligné.

Chaque jeudi, un nouvel épisode de «Contact» est déposé sur la plateforme de QUB radio. Les épisodes peuvent aussi être repris sur YouTube. 

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