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Mon nom est Gilles Villeneuve... alias Lucien Gravel

Mon nom est Gilles Villeneuve...
Photo courtoisie
Gilles Villeneuve avec le pianiste allemand de la rue, Davide Martello, qui s’est fait connaître en jouant lors de mouvements révolutionnaires et de drames comme ceux vécus au Bataclan, en France, et, plus récemment, en Ukraine.
Louis Butcher

Louis Butcher

8 mai à 4h

Certains s’appellent Maurice Richard, d’autres ont pour nom Gilles Villeneuve. Pour le meilleur et pour le pire. 

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Nous avons rejoint un Gilles Villeneuve qui, coïncidence, a aussi cette passion du sport automobile qu’il exerce à plusieurs niveaux dont celui de pilote de course. 

Âgé de 63 ans, il occupe aujourd’hui les rôles de chef instructeur et de conseiller au sein d’Auto Sport Québec, cet organisme qui régit la course automobile dans la province tout en étant la filiale québécoise de l’Autorité sportive nationale (ASN) au sein de la Fédération internationale de l’automobile. 

Il est aussi pilote de la voiture de sécurité au Circuit Mont-Tremblant depuis 1988. 

Au fil des ans, il s’est également impliqué dans diverses organisations, à titre de bénévole, notamment au Grand Prix du Canada de 1981 à 2018.  

Quand son célèbre homonyme a perdu la vie tragiquement il y a 40 ans, Villeneuve s’intéressait donc déjà à la course automobile. 

Et il se souvient très bien de ce triste 8 mai 1982. 

« J’étais au volant, a-t-il relaté en entrevue au Journal. Ce n’était pas drôle. Le Québec a été sous le choc. C’est après son décès que j’ai décidé de m’impliquer davantage dans le sport automobile. » 

Une autre identité

Avec un nom aussi connu, notre interlocuteur n’a pas caché qu’il avait inventé une autre identité pour arrêter de se faire taquiner. 

« Je me souviens, raconte-t-il, qu’on avait l’habitude de se rencontrer, nous, les travailleurs, après le Grand Prix du Canada, et de prendre une bière ou deux. Il y avait toujours des gens dans le groupe, surtout quand ils commençaient à prendre un coup, qui s’amusaient à vouloir présenter... Gilles Villeneuve à des connaissances. C’était immanquable. » 

« À un moment donné, j’ai décidé de m’appeler... Lucien Gravel. C’est un running gag qui dure depuis une trentaine d’années. » 

M. Villeneuve n’a jamais rencontré celui qui a conquis le peuple québécois sur la scène de la F1, mais il a croisé les deux Jacques à plusieurs reprises. 

« J’ai vu son fils souvent quand j’ai assisté à des Grands Prix à l’extérieur, entre autres à Abou Dhabi en 2019. Je lui ai aussi délivré des permis de pilote quand il faisait du karting. Ça m’est aussi arrivé de faire la même chose avec le frère de Gilles. »

Photo courtoisie
Gilles Villeneuve possède un album photos bien garnie, notamment ce cliché avec Jacques Villeneuve.

En 1997, le Grand Prix du Canada a été écourté à 54 tours après le grave accident du Français Olivier Panis.  

« Les secouristes ont mis plusieurs minutes à le sortir de sa monoplace, se souvient Villeneuve, et on a décidé de mettre fin à la course. Je pilotais la voiture de sécurité à ce moment-là. »

Devant Michael Schumacher

« Je dis souvent à la blague que je suis le seul Gilles Villeneuve à avoir croisé le fil d’arrivée au premier rang au circuit... Gilles-Villeneuve. C’était spécial de voir toutes les voitures derrière, dont celle du vainqueur, Michael Schumacher, quand le drapeau à damier a été agité ! » 

Pour la petite histoire, quand le Québécois a gagné le Grand Prix à Montréal en 1978, la piste ne portait pas son nom. Elle a été baptisée à son nom quatre ans plus tard après son décès tragique. M. Villeneuve se souvient aussi d’être allé visiter un jour l’usine de Ferrari à Maranello.  

« Quand des employés ont vu mon nom, dit-il, c’était plutôt amusant. J’ai rapidement mesuré l’ampleur de la popularité de Gilles Villeneuve en Italie. » 

L’appel de l’Ukraine

Joint la semaine dernière, Gilles Villeneuve revenait à peine de deux missions humanitaires en Europe en zone de guerre.  

« Je suis premier répondant médical pour la Croix-Rouge, explique-t-il. Je me suis rendu en Pologne une première fois pour venir en aide aux réfugiés de l’Ukraine. La scène était bouleversante. On se plaint quand il faut attendre quelques minutes pour se faire servir dans un centre commercial, alors imaginez quand de pauvres gens doivent patienter de longs jours pour traverser la frontière. »

À son retour à la maison, il a contracté la COVID-19, mais une fois guéri, il est reparti pour une deuxième mission. 

« Quand j’ai vu les atrocités menées par l’armée russe à Boutcha, l’appel de l’Ukraine m’est venu, conclut-il. C’est là que j’ai décidé d’y retourner. Au total, j’y ai passé 22 jours et je suis tellement heureux d’avoir fait ma part. »


Gilles Villeneuve effectuera un retour à la compétition cet été alors qu’il participera à quelques épreuves du Super Production Challenge, dont l’étape prévue au Grand Prix de Trois-Rivières en août.

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