Main-d’œuvre étrangère: la fronde québécoise s’organise contre le fédéral
Il y avait 72 405 travailleurs étrangers temporaires (TET) au Québec en décembre dernier.

Francis Halin
Des dirigeants patronaux et municipaux s’indignent contre le gouvernement libéral de Mark Carney qui limite l’accès aux travailleurs étrangers.
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«Sans travailleurs pour occuper ces postes, les entreprises vont perdre des contrats et devront fermer des quarts de travail», a dénoncé Véronique Proulx, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) en conférence de presse mardi matin, à Montréal, avec d’autres groupes.
«Avec seulement 93 jeunes qui pourraient entrer sur le marché du travail pour 100 départs à la retraite, il est clair que le Québec fait face à un défi démographique majeur», a ajouté Daye Diallo, vice-président, politiques de main-d’œuvre du Conseil du patronat du Québec (CPQ).
À la mi-juillet, Le Journal rapportait que des dizaines d’entreprises québécoises, furieuses contre les nouvelles restrictions d’Ottawa sur les travailleurs étrangers temporaires, poursuivent le fédéral pour près de 300 M$.
Le Québec accroc
Au Québec, on compte toujours 115 000 postes vacants, dont 92 300 sont à temps plein et environ 82 785 sont situés hors de Montréal.
Les travailleurs étrangers temporaires (TET) sont principalement à Montréal (14 120), en Montérégie (10 975), dans la Capitale-Nationale (8580) et en Chaudière-Appalaches (5905).
Ces derniers mois, le gouvernement fédéral a durci les règles pour réduire le nombre de TET au pays, ce qui exaspère profondément le milieu des affaires qui exige au contraire un moratoire pour juguler la crise qui se dessine.


«Les premières victimes seront les petites entreprises et les régions. Le fédéral doit corriger le tir maintenant», a déploré François Vincent, vice-président, Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
«Une majorité des hôteliers craignent des conséquences graves», a indiqué Véronyque Tremblay, PDG de l’Association Hôtellerie du Québec (AHQ).
«Plusieurs entreprises de notre secteur sont situées en région, dans des villes et villages où le bassin de main-d’œuvre est restreint et les taux de chômage historiquement bas», s’inquiète Sylvie Cloutier, PDG du Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ).

«Les personnes immigrantes ne sont pas que des travailleurs», a affirmé Guillaume Tremblay, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche.
Au Journal, le premier magistrat a pointé la pénurie de main-d’œuvre qui frappe notamment la région de Chaudière-Appalaches.
«Ce sont nos régions qui s’affaiblissent», a-t-il conclu.
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