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L'article provient de TVA Sports
Sports

Le lion, le rat et le gorille

Arslanbek Makhmudov, qui sera en action vendredi en Mauricie, apprend encore la ruse et la patience

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Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2022-12-13T03:28:52Z
2022-12-13T04:15:27Z
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Le choc entre Arslanbek Makhmudov et l’Allemand Michael Wallisch, vendredi soir à Shawinigan, risque d’être plus brutal que n’importe laquelle des fables de La Fontaine.

• À lire aussi: Butler-Conley: un drôle de face-à-face

Il fallait voir Makhmudov, surnommé le «Lion», frapper avec puissance dans les mitaines de l’entraîneur Marc Ramsay, durant l’entraînement médiatique de lundi à Montréal, pour s’en convaincre.

Voyez dans la vidéo ci-dessus un reportage sur Mary Spencer, qui se battra également lors de ce gala.

Arrivé un peu plus tard pour le premier face-à-face entre les boxeurs, Wallisch, 37 ans, s’est pour sa part décrit comme un gorille.

«Je suis un gorille, vous savez ces vieux gorilles qui protègent leur entourage de chaque ennemi», a indiqué l’Allemand, acceptant de jouer le jeu de la comparaison avec un membre du règne animal.

Contre Makhmudov (15-0, 14 K.-O.), il sera toutefois conseillé à Wallisch (23-5, 16 K.-O.) d’assurer d’abord sa propre protection dans ce combat de championnat NABF et NABA des poids lourds.

«Le plan est d’utiliser mes propres habiletés, a noté le boxeur allemand. Il est fort, il frappe avec puissance, mais je suis plus rapide et j’ai une meilleure technique de boxe que lui.»

Une agressivité à contrôler

Le rat dans tout ça ? C’est Ramsay. Et c’est loin d’être péjoratif. 

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Après tout, le rat n’est-il pas celui qui permet au lion de se défaire des rets dans la fable «Le Lion et le Rat» ?

Makhmudov a beau être fort et dangereux, il a encore intérêt à écouter Ramsay, plus petit que lui, afin de poursuivre sa progression. Comme le rongeur, le boxeur doit se servir de sa ruse et de sa patience. 

«Ce n’est pas évident de bien calibrer parce que son agressivité, tu ne veux pas complètement l’éteindre, a observé Ramsay. Il en a besoin, c’est nécessaire, mais il faut que ce soit sous contrôle. Dans un combat qui compte 10 ou 12 rounds, on a le temps de travailler, on peut justement se permettre d’être patient et on poursuit cet apprentissage avec lui.»

Combat formateur

À son plus récent combat, le 16 septembre au Casino de Montréal, le « Lion » a justement fait face à un défi différent, l’ayant emporté par décision unanime des juges, après 10 rounds, contre le Français d’origine camerounaise Carlos Takam. C’était la première fois qu’un duel de Makhmudov se rendait à la limite en 15 occasions chez les professionnels. Là-dessus, 10 batailles n’avaient pas franchi le premier round.

«On cherchait ça, on voulait un adversaire habitué à faire des combats longs, a dit l’entraîneur, au sujet de Takam. Nous sommes conscients qu’on ne passera pas le K.-O. à tout le monde.»

«J’ai appris à être patient, mais il ne faut pas l’être toujours, a pour sa part déclaré Makhmudov. C’est important d’être prêt à s’adapter et démontrer de la patience si le plan initial ne fonctionne pas.»

Quelque chose d’animal

Malgré les entraînements sur mesure, via les nombreux partenaires qui se succèdent, il n’y a rien comme un soir de gala pour tester. 

«Gérer les émotions, c’est un aspect totalement différent quand il y a une foule, du stress et un enjeu, a énuméré Ramsay. Arslanbek est très réceptif, c’est un bon étudiant, il écoute bien et va essayer de pratiquer ce qu’on met de l’avant. Il est très concentré sur le travail à accomplir, mais en même temps, il a quelque chose à l’intérieur de lui qui est très émotionnel et animal. Et ça, on ne veut pas lui enlever.»

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