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L'article provient de Le Journal de Montréal
Opinions

La souveraineté dans la nouvelle donne trumpienne, tout un défi pour PSPP

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
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Photo portrait de Antoine Robitaille

Antoine Robitaille

2025-08-09T04:00:00Z
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Les résultats du sondage CROP-La Presse, indiquant une remontée marquée de l'appui à la souveraineté chez les jeunes, ont évidemment comblé le Parti Québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon.

Mais cela ne dispensera pas le chef péquiste de faire face à l’éternel dilemme du Parti Québécois: faut-il promettre un référendum dans un premier mandat ou plutôt garantir de former un «bon gouvernement», lequel décidera une fois au pouvoir s’il est opportun ou non de tenir un référendum?

Contradiction?

Jeudi à LCN, lors du débat des candidats à la partielle de lundi dans Arthabaska, le candidat Alex Boissonneault, en lançant que le PQ devait tenir «une discussion sur» ces questions, a donné l’impression qu’il optait pour le second scénario et qu’il contredisait son chef.

Depuis son arrivée à la tête du PQ, Paul St-Pierre Plamondon martèle «un référendum dans le premier mandat». Il ne veut plus s’embourber dans les astuces rhétoriques du type «conditions gagnantes» (de Lucien Bouchard) ou «assurance morale de le remporter» (de Bernard Landry).

Tant que le PQ était troisième dans les sondages, cela ne portait pas vraiment à conséquence. Mais depuis qu’il s’est hissé en première place, le fameux dilemme revient hanter le chef péquiste. Hier, lorsque les reporters lui ont demandé de commenter les propos de Boissonneault, il a précisé que s’il parvient au pouvoir en 2026, «il y aura des discussions sur le moment de consulter les Québécois dans une fenêtre de 4 ans».

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Bref, c’est toujours un référendum dans un premier mandat. Ça a le mérite d’être clair. Mais plusieurs électeurs se demanderont, comme ceux d’Arthabaska, si le contexte s’y prête: est-il opportun de se reposer, pour une troisième fois, cette question existentielle, alors que le président des États-Unis a déclaré la guerre commerciale au Dominion duquel le Québec fait encore partie?

Nouvelle donne

C’est lors du congrès de novembre 1974, après un débat animé, que le PQ a choisi, à 630 voix contre 353 (et 20 abstentions), le référendum comme mode d’accès à l’indépendance. L’approche fut rapidement désignée sous le nom d’«étapisme», car elle ajoutait une étape avant que le Québec ne devienne un pays souverain.

Depuis, sauf erreur, les chefs péquistes ont, lors des rendez-vous électoraux, toujours préféré reporter le référendum. À part à trois occasions: René Lévesque en 1976, Jacques Parizeau en 1994 et André Boisclair en 2007. À chacun de ces moments – soit après la crise d’Octobre, après celle de Meech et après le scandale des commandites –, il y avait une possibilité raisonnable d’aller chercher un Oui.

La donne actuelle est inédite. La transmutation des États-Unis en imprévisible «démocrature» d’inspiration poutinienne change tout. Un exemple: l’argumentaire souverainiste québécois des années 1990 était centré sur la possibilité bien réelle que les Américains acceptent d’inclure un Québec souverain dans l’ALENA, le NORAD et l’OTAN.

Mais aujourd’hui? Reformuler le projet souverainiste dans cette nouvelle réalité ne sera pas une mince affaire pour le PQ, dans la prochaine année. Malgré le nouvel intérêt des jeunes.

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