Le Journal de Montréal

Malade, l'acteur Bruce Willis met fin à sa carrière

AFP, Le Journal

30 mars à 16h40

31 mars à 2h09

Terrassé par la maladie, Bruce Willis doit se résoudre à dire adieu à une carrière d’acteur durant laquelle il a atteint un statut d’icône en enchaînant les rôles de sauveurs à qui on confiait les missions les plus périlleuses.

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Devenu une immense star après avoir campé l’invincible policier John McClane dans les cinq films de la franchise Piège de cristal qui sont sortis entre 1988 et 2013, l’acteur de 67 ans a reçu un diagnostic d’aphasie, ont annoncé sa femme Emma Heming Willis, son ex-femme Demi Moore et ses filles Rumer, Scout, Tallulah, Mabel et Evelyn.

« Notre bien-aimé Bruce a connu certains problèmes de santé et a récemment été diagnostiqué comme souffrant d’aphasie, ce qui impacte ses capacités cognitives. Par conséquent, et après mûre réflexion, Bruce abandonne cette carrière qui a tant compté pour lui », écrit sa famille sur Instagram.

D’après les spécialistes américains de la Mayo Clinic, l’aphasie survient souvent après une attaque cérébrale ou un traumatisme crânien et empêche le patient de communiquer normalement. « Cela peut affecter votre capacité à parler, à écrire et à comprendre un langage, à la fois sous sa forme orale et écrite », expliquent-ils.

Sourire narquois

Bruce Willis s’était d’abord illustré dans les années 1980 avec un rôle récurrent dans la série Clair de lune aux côtés de Cybill Shepherd, mais Piège de cristal (Die Hard) l’a propulsé à un autre niveau.

Le crâne rasé et le sourire narquois étaient devenus la marque de fabrique de l’acteur. Très recherché à Hollywood, il a enchaîné les grosses productions, qu’il s’agisse de films d’action classiques (Le dernier Samaritain, Le Chacal) ou mâtinés de science-fiction comme L’armée des douze singes, qui avait séduit la critique, ou Le cinquième élément de Luc Besson.

Il a tourné avec des réalisateurs aussi réputés que Brian De Palma, Robert Zemeckis,
mais surtout Quentin Tarantino, qui lui a fait jouer un boxeur sur le retour dans Pulp Fiction en 1994, alors qu’il est au sommet de sa gloire.     

  • Écoutez l'entrevue de Mario Dumont avec Carole Anglade, orthophoniste et chercheuse post-doctorale, membre du conseil d'Aphasie Québec, sur QUB radio:    

Bruce Willis a aussi fait des prestations remarquées, pour leur tonalité plus sombre et dramatique, sous la direction de M. Night Shyamalan avec ses thrillers fantastiques Sixième sens et Incassable.

Par la suite, il a continué à beaucoup tourner, mais ne retrouve plus le même succès et sa notoriété s’érode petit à petit, malgré des incursions vers d’autres genres, telle la comédie (Le nouveau voisin en 2000).

Pente descendante 

Il a signé pour deux nouveaux volets de la saga Die Hard (en 2007 et 2013) qui n’ont convaincu ni la critique ni le public.

Durant la précédente décennie, Bruce Willis n’avait pas hésité à se moquer de lui-même et des clichés qui lui collaient à la peau, comme dans Top Cops ou le deuxième volet d’Expendables.

Sa carrière avait malgré tout poursuivi son déclin, au point où les organisateurs des Razzies, ces anti-Oscars qui parodient les prix hollywoodiens en épinglant les pires films de l’année, lui avaient dédié une catégorie à lui seul.

Ils entendaient ainsi se moquer des nombreux films à petit budget, généralement diffusés uniquement en streaming, où Willis revêt des rôles aussi brefs que caricaturaux, comme shérif désabusé, ancien policier, général en retraite ou ex-agent de la CIA.