Publicité
L'article provient de 7 jours
Culture

Kim Rusk se confie à cœur ouvert sur la santé de son père

Patrick Zabé est atteint de la maladie de Parkinson

Partager

Michèle Lemieux

2025-10-16T10:00:00Z
Partager

Depuis quelques mois, Patrick Zabé traverse des moments difficiles sur le plan de la santé. Sa fille, Kim Rusk, a réorganisé sa vie pour être auprès de son papa le plus souvent possible, tout comme les autres membres de la famille. À 83 ans, le chanteur s’accroche à la vie avec une vigueur qui force l’admiration. Installé à la maison, il a le privilège d’être entouré d’une famille aimante, dévouée et attentionnée qui profite de chaque instant avec son patriarche.

Kim, vous êtes de retour à la radio dans une émission matinale?

Oui, je suis de retour à Énergie Montréal, dans l'émission Le Boost, de 5 h 25 à 9 h le matin, une case horaire que j'ai déjà occupée par le passé. Comme j’ai déjà animé cette émission, c’est comme si je retournais à mes anciennes amours. C'est une case horaire qui me convenait, jusqu'à ce qu'elle ne me convienne plus parce que la séparation m’avait obligée à des changements de vie. Maintenant que ma fille a sept ans, cet horaire me convient, à condition d’avoir de l’aide, bien sûr. J’anime aussi Les Vendredis OD, une production que j'aime énormément. C’est un format québécois, qui dure depuis presque 20 ans.

Publicité

• À lire aussi: La fin d’un chapitre charnière pour Sophie Nélisse

Vous disiez que votre petite Billie a déjà sept ans. Comme le temps passe!

Oui, elle grandit vite. Elle a vraiment du tempérament, cette enfant-là. Je ne suis pas inquiète pour elle. Elle a une grande sœur, un entourage. Comme elle est souvent avec des adultes, elle a une âme mature, mais elle reste dans l'enfance et le jeu. Nous avons des personnalités très similaires, ce qui me permet de la comprendre. J’élève ma fille en lui expliquant les choses: la mort, la maladie, l'argent, etc. Je ne fais pas comme si ça n'existait pas. Quand on s'est séparés, son père et moi, c'était important qu'elle comprenne pourquoi. Je lui ai expliqué avec des mots d'enfants, des livres, des histoires. Ça prend un village pour élever un enfant. Elle a des marraines, un papa extraordinaire, des grands-parents, je suis bien fière de ma fille.

Vous disiez ne pas avoir d'inquiétude pour votre fille, mais je crois que vous en avez pour votre papa, qui traverse actuellement des moments difficiles.

Oui, absolument. Mon père, c’est mon pilier, l'homme de ma vie. Il vit avec le Parkinson, une maladie dégénérative. On comprend qu'on n'est pas éternel et qu'il ne l'est pas non plus. Avant l'été, sa condition était stable, puis un problème au niveau de ses reins nous a alarmés. Il est entré à l'hôpital très rapidement. Je n'ai même pas terminé ma dernière émission de radio: j’ai quitté très vite et j'ai pris le train. Il fallait que les médecins interviennent rapidement. Finalement, une intervention temporaire a été faite et l’opération a été reportée. Il avait des pierres aux reins, mais il fallait d’abord maîtriser l'infection. Il a passé 12 jours à l'hôpital. Je tiens d’ailleurs à dire que ce n’est pas parce que mon père est connu ou parce que je suis connue, mais tout le personnel a été parfait. Ce sont des anges. Il a finalement été question d’une deuxième opération. Est-ce qu'il allait se réveiller et, si oui, dans quel état? Nous avons eu des discussions à ce sujet. Moi, je n’ai jamais côtoyé la mort de près...

Publicité

• À lire aussi: Nouvellement étudiante en psychologie, Marie-Andrée Poulin ne renonce pas à un retour à la télévision

Vous avez eu cette discussion avec votre père?

Nous avons ces conversations entre nous, à cause de l’opération. S'il ne se réveillait pas, qu'est-ce qu'on ferait? Est-ce qu’il faudrait s’acharner ou non? Ce sont des questions que nous nous sommes posées. Quand il était sur la table d’opération, j’étais à Montréal. Je me sentais extrêmement loin de ma famille. On était en FaceTime. Je voulais être avec ma famille, respirer avec elle, pleurer avec elle. Finalement, nous avons reçu l’appel: il était réveillé. Nous étions soulagés et heureux. Mon père ne veut pas mourir. Mon père rejette la mort. Mon père est un «fighter», un gars de projets. Il déjoue tous les pronostics.

L’opération a-t-elle résolu le problème?

On a réalisé que la prostate avait été égratignée, alors il a dû être opéré à nouveau. Il a été d’un calme exemplaire. Nous nous sommes retrouvés tous ensemble, à son chevet. C’est une obligation familiale pour nous tous quand le patriarche est vulnérable. Ça nous oblige à nous réunir. Il n’y avait rien de plus important. J’ai pris congé ce jour-là, car pour moi, il n’y avait rien de plus important que d’être auprès de mon père à son réveil.

Publicité

À travers la maladie, ressentez-vous l'obligation de profiter de chaque moment?

Oui, je suis là pour mon père, mais aussi pour Mona, sa femme, qui veille sur lui 24 heures par jour, 7 jours sur 7. Elle a besoin de répit. Le penthouse de mes parents est un hôpital. Nous essayons de rendre la vie de mon père la plus confortable possible. Il mange comme s’il était dans un restaurant cinq étoiles. Compte tenu de sa condition, il a une belle qualité de vie. Ma mère vient aussi prendre le relais, tout comme mon frère. Nous avons de l’aide, des services extraordinaires. J’en suis tellement reconnaissante.

• À lire aussi: François de «ma mère, ton père» annonce être en amour

C’est formidable que votre mère soit aussi présente.

Mona, mon père, ma mère, mon frère et moi, nous sommes une famille, et il est le père de ses enfants. Il faut prendre soin de ceux qu’on aime. Lorsque je visite mon père, il me recommande toujours de retourner travailler. Quand il s’est réveillé à l’hôpital, il m’a demandé: «Mais pourquoi es-tu ici?» Mon père, c'est la discipline incarnée. Il y a une espèce de retour du balancier. Quel que soit le jour ou l’heure, l’important, c’est la famille.

Comment faites-vous pour traverser cette épreuve?

Mon père vit sa fin de vie de façon difficile, parce qu’il ne veut pas partir. Il ressent vraiment de la frustration. En juin, quand j’ai su qu’il fallait l’emmener à l’hôpital, j’ai éclaté. Il déjoue les pronostics, mais il y a quand même des risques importants. Parfois, je me demande: «Est-ce que ce sera la dernière fois que j’aurai vu mon père?» Il faut avoir cette pensée. En fait, chaque fois que nous voyons nos parents, nous devrions toujours nous dire: «Et si c'était la dernière fois? Est-ce que je lui ai dit ce que j'avais envie de lui dire?» Il faut régler nos affaires, les chicanes, les niaiseries. Nous nous aimons et nous en profitons. Pour être auprès de mon père, il a fallu que je mette ma vie sur pause, et c’est très bien ainsi. J’ai des patrons hyper compréhensifs. Nous comblons nos cœurs pendant qu'il est encore avec nous. C’est aussi important de prendre soin de ceux qui restent. Nous allons tous vivre le deuil, chacun à notre manière, mais nous sommes dans l'action présentement. Dès que l’un d’entre nous pleure, il se ressaisit tout de suite. Un jour, il va falloir que nous laissions aller les choses, mais nous n’en sommes pas là. Nous allons vivre ces émotions lorsque nous aurons à les vivre. Ça ne donne rien de les anticiper. Pour l’instant, mon père est vivant et nous célébrons la vie avec lui. Nous souhaitons qu’il soit le plus longtemps possible avec nous...

On entend Kim à l’émission matinale Le Boost! à radio Énergie, de 5 h 25 à 9 h, en semaine. Les vendredis OD sont diffusés les vendredis à 18 h 30, à Noovo.

À VOIR AUSSI:

Publicité
Publicité

Sur le même sujet