Il les droguait, les violait et filmait: 25 ans réclamés contre le «violeur de Tinder»
Neuf victimes de Samuel Moderie ont témoigné de toute la détresse qu’elles vivent à cause du désaxé sexuel

Michael Nguyen
Le désaxé sexuel qui droguait des femmes rencontrées en ligne afin de les violer à leur insu pendant qu’il filmait doit «pourrir» en prison, a affirmé une de ses 13 victimes avant que la Couronne réclame une peine record de 25 ans de pénitencier.
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«Je ne peux pas croire avoir vécu ça... Être droguée et à sa merci. Je souhaite vraiment qu’il pourrisse [derrière les barreaux] pour qu’il ne fasse plus de mal aux femmes», a lancé une victime de Samuel Moderie, jeudi, au palais de justice de Montréal.

C’est qu’à 29 ans, le «violeur de Tinder» semble être un cas presque irrécupérable. Dans un rapport, il est décrit comme un sadique sexuel et un manipulateur dont le risque de récidive est élevé.
Hantise
En fait, pour lui, commettre des crimes violents et dégradants sur des femmes est «pratiquement irrésistible», a souligné Me Jérôme Laflamme de la Couronne. Et les 13 victimes que Moderie a faites en quelques mois seulement, à partir de juillet 2022, peuvent en attester.
«J’ai honte que des gens aient vu des vidéos de moi dans des situations dégradantes, j’ai l’impression d’avoir été une marionnette, un déchet qu’on peut manipuler... Ça me hante...», a lancé l’une d’elles à la cour.

Une autre victime a affirmé que Moderie avait «brisé» son esprit.
«À ce jour, j’ignore toutes les atrocités qui m’ont été faites...», a dit cette femme dont l’identité est protégée par la cour, tout comme les autres victimes.
Chaque fois, Moderie utilisait le même stratagème. Après avoir rencontré une proie sur Tinder, Badoo ou JALF, il s’arrangeait pour se faire inviter chez elle, où il la droguait aux benzodiazépines. Et une fois la femme inconsciente, le violeur en série commençait à se filmer en train d’assouvir ses désirs d’avilir des femmes.

Pincé pour 50$
La façon de faire de Moderie fait d’ailleurs penser à celle de Dominique Pélicot, cet homme qui subit présentement son procès à Mazan, en France, pour avoir drogué sa femme pendant des années afin de la livrer en pâture à des inconnus pendant qu’elle était inconsciente.
Et si les crimes de Pélicot ont été éventés après la fouille de son téléphone lors d’une arrestation pour avoir filmé sous des jupes, Moderie s’est fait prendre... après avoir volé 50$ à une victime. Se doutant que quelque chose d’anormal était survenu, la femme avait porté plainte, permettant aux policiers de découvrir l’ampleur et l’horreur de ses crimes.
À la suite d’une enquête sans failles, Moderie avait plaidé coupable et, jeudi, il s’est brièvement excusé pour ses crimes. Mais, du même coup, il a semblé mettre la faute sur la mort de son enfant en 2021.
«J’ai mal réagi et je me suis isolé, je n’étais plus moi-même, a-t-il dit en donnant l’impression de vouloir se justifier. J’ai besoin d’aide.»
L’audience se poursuivra vendredi avec la suggestion de peine par la défense.
Ce que les victimes ont dit:
«Il a détruit beaucoup de choses en dedans de moi. J’ai vécu une soirée qu’on ne souhaite à personne. Ç’aurait pu être n’importe qui, mais c’est arrivé à moi...»
«Juste d’y penser, je me sens mal... Être droguée et manipulée à son insu, c’est un sentiment horrible. Je dois maintenant apprendre à vivre avec la honte.»
«Des gestes pervers, violents et dégradants ont été commis sur moi, mais tout est flou et recouvert d’un voile... C’est facile d’imaginer le pire quand on est dans l’ignorance.»
«Je n’ai commis aucun crime, et pourtant j’ai reçu une sentence à vie. Comment refaire confiance à quelqu’un d’autre après ça? Je veux préserver ce qui reste de ma santé mentale.»
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