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Mon Doux Saigneur: la légèreté de l’être
Musique

«Fleur de l’Âge» de Mon Doux Saigneur: la légèreté de l’être

Christine Fortier

13 mai à 16h42

On dit souvent que le premier album d’un artiste est celui où il cherche son identité musicale. Emerik St-Cyr Labbé, chanteur-guitariste derrière Mon Doux Saigneur, est d’accord avec cette affirmation et convient même que Fleur de l’Âge est celui de la maturité artistique, notamment parce que de ses trois disques, c’est celui qui s’est fait de façon la plus fluide.

À l’origine de cette question un peu clichée sur la maturité artistique, il y a l’écoute en rafale des albums de Mon Doux Saigneur, l’homonyme sorti en 2017, Horizon lancé au début de 2020 et Fleur de l’Âge qui est disponible le 13 mai chez Bravo Musique.

 

La progression entre les trois titres qui proposent un mélange folk rock americana ressort surtout dans la cohésion entre les chansons, qui donne l’impression d’un artiste qui sait davantage où il va. 

«Oui, vraiment. C’est l’album qui s’est fait de façon la plus fluide, celui où il y a eu le moins de questions. Au lieu de chercher une identité et de finalement la découvrir rendu au résultat, on a mis sur la table où on voulait aller chaque fois qu’on commençait une chanson. On pouvait donc savoir d’avance que la ballade allait aller à telle vitesse et que la chanson la plus intense atteindrait un niveau de 9 sur 10, car on avait déjà un peu prévu l’ordre des morceaux», explique Emerik St-Cyr Labbé. Le «on», c’est pour les musiciens qui l’accompagnent depuis les débuts: le batteur Mandela Coupal-Dalgleish, les guitaristes David Marchand et Eliott Durocher-Bundock, qui sont rejoints sur cet effort par le bassiste Cédric Martel.  

Jérémie Boivin

«Fleur de l’Âge, poursuit Emerik, c’est aussi le disque qui représente le mieux Mon Doux Saigneur en ce moment, ce qui est normal. Si j’avais un échantillon de Mon Doux Saigneur à donner, c’est certain que j’irais avec Fleur de l’Âge. Bien sûr, on n’aurait pas pu le sortir en premier parce qu’on n’était pas rendu là dans notre évolution, mais il aurait été une belle façon de se présenter. Peut-être même que Mon Doux Saigneur aurait été plus facile à décoder si on avait commencé le chemin à l’envers.» 

L’urgence de jouer

En écrivant le texte de Mélodie, Emerik s’est rendu compte qu’il n’était pas toujours nécessaire de réviser quelque chose à l’infini pour que ce soit mieux, mais pas tant que ça. 

«J’avais l’impression que l’idée initiale était bonne, donc je ne voulais pas trop jouer là-dedans et je ne voulais pas nécessairement qu’il y ait un sens à chaque phrase. Je voulais laisser ça aux gens», dit-il. En gros, c’est un morceau qui s’est fait en toute légèreté, comme le reste de Fleur de l’Âge.  

En effet, le chanteur explique que l’idée de ne pas essayer de trouver la vérité, de juste écrire des histoires qu’on peut interpréter et s’approprier a été présente tout au long du processus d’écriture. 

«Au début, j’y allais fort sur la métaphore et sur l’image, puis j’ai réalisé que si tu as une occasion de t’exprimer, c’est peut-être plus gagnant d’y aller littéralement.»  

Un bon exemple: la pièce Jojo, qui porte sur le fait qu’Emerik s’est ennuyé de la scène au cours des deux dernières années. 

«Les spectacles, les soirées, la culture, c’est mon école et mon travail en même temps. C’est aussi mon cercle social, mes amis, mes confidents, mon inspiration. Quand je n’avais pas ces discussions-là, ces moments-là, j’avais du mal à croire que j’étais un artiste. J’avais oublié que j’étais capable de générer des idées et qu’elles n’étaient pas toujours faites en communauté.» 

Quand il a commencé à travailler sur Jojo, les mots qui voulaient sortir c’était littéralement «j’ai hâte de jouer pour des gens». 

«Encore une fois, j’aurais pu réfléchir à quelque chose de plus compliqué et plus profond pour faire de la poésie avec un grand P, mais c’est vraiment ça que j’avais envie de dire. C’est niaiseux comme paroles, mais c’est ça», rigole Emerik. 

L’occasion de monter sur scène et de voir des gens, il l’aura le 26 mai, lors du lancement de Fleur de l’Âge à La Tulipe. 

«On a déjà planifié les répétitions. Sur l’album, c’est moi qui fais presque toutes les voix, mais pour les spectacles, on les a arrangées pour que les quatre musiciens fassent les chœurs avec moi. C’est une illumination que j’ai eue d’utiliser leurs voix même si ça demandait beaucoup de travail. Maintenant qu’on les maîtrise, je trouve que c’est vraiment un bel ajout, comme une extension de ce qu’on est capable de faire ensemble. On sent vraiment le groupe derrière ça, c’est le petit 2.0 de Fleur de l’Âge.»  

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