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L'article provient de Le Journal de Montréal
Politique

Fiasco SAAQclic: les ministres Guilbault et Bonnardel témoigneront la semaine prochaine

Capture d’écran, LCN
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Photo portrait de Nicolas Lachance

Nicolas Lachance

2025-08-13T17:44:02Z
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L’omerta est sur le point de tomber: les ministres Geneviève Guilbault et François Bonnardel devront révéler au commissaire Denis Gallant tout ce qu’ils savaient du fiasco SAAQclic avant et après son lancement catastrophique.

Les témoignages très attendus des ministres Guilbault et Bonnardel devant la commission d’enquête publique sur le fiasco SAAQclic sont prévus dès la reprise des travaux, la semaine prochaine, à Montréal.

Selon nos informations, cette semaine sera consacrée aux ministres du ministère des Transports et à leur personnel politique en poste durant la conception et le déploiement du projet. Elle débutera avec les anciens ministres libéraux Laurent Lessard et André Fortin. Geneviève Guilbault est attendue en fin de semaine, mais l’ordre des témoignages pourrait être modifié selon le déroulement des auditions.

Les comparutions des ministres devant le commissaire Denis Gallant se tiendront à Montréal pour des raisons de sécurité, a-t-on appris.

«C’était une évidence pour moi qu'il y avait de fortes probabilités qu'on nous convoque», a déclaré Geneviève Guilbault à la sortie du Conseil des ministres. «On collabore de toutes les façons possibles pour que toute la lumière soit faite».

Une fois de plus, la ministre a rejeté le blâme du fiasco sur les gouvernements précédents. «Un contrat a été signé en 2017 par le gouvernement libéral et aujourd'hui on vit encore avec les conséquences de ce contrat-là», a-t-elle martelé, ajoutant à nouveau qu’il y avait un ménage à faire la SAAQ.

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Qui savait quoi?

Au cœur de la tempête SAAQclic, alimentée par de nombreuses révélations du Journal et du Devoir, le premier ministre François Legault a déclenché une commission d’enquête publique le 2 mars dernier. Depuis, les ministres refusent de répondre aux questions des journalistes concernant ce fiasco, qui a coûté 1,1 milliard $ aux contribuables, soit 500 millions $ de plus que prévu.

Le jour même du déclenchement de la commission, notre Bureau parlementaire révélait que la ministre Geneviève Guilbault avait été informée de l’état du projet SAAQclic dès novembre 2022.

Le déploiement du projet a été repoussé à plusieurs reprises en raison de retards, avant d’être lancé de manière chaotique en février 2023.

Outre la ministre Guilbault, le bureau du premier ministre François Legault avait été informé que les tests finaux n’étaient pas complétés quelques semaines avant le lancement et que la marge de manœuvre pour réussir le déploiement était très limitée.

L’ex-ministre Éric Caire et le plus haut fonctionnaire du gouvernement, Yves Ouellet, étaient censés garantir la réussite du projet avant son lancement, selon Geneviève Guilbault.

La défense de Bonnardel

Par ailleurs, l’ex-PDG de la SAAQ, Denis Marsolais, a affirmé devant la commission Gallant, avant les vacances, avoir alerté le cabinet du ministre François Bonnardel qu’on lui cachait l’explosion des coûts.

Le 8 juin 2022, Marsolais et trois vice-présidents ont rencontré Alain Généreux, attaché politique du ministre des Transports de l’époque, pour faire le point.

Un document affirmant qu’une «stratégie contractuelle» permettrait de poursuivre les travaux sans dépasser le budget de 682M$ lui aurait été présenté. Le contrat de 458M$ y était également présenté comme intact. Ces informations étaient toutefois erronées, selon Marsolais, qui affirme avoir ensuite corrigé le tir privément auprès de l’employé du ministre Bonnardel.

Dès 2020, alors que François Bonnardel était ministre, la SAAQ savait qu’elle devait réinjecter près de 200 millions $ dans le projet. Une entente confidentielle pour réinjecter ces sommes avait d’ailleurs été signée à l’époque entre l’Alliance SAP-LGS et la SAAQ.

Le ministre Bonnardel a pourtant toujours soutenu avoir été «trompé».

«On nous a menti», avait-il déclaré, ajoutant que la SAAQ ne lui avait jamais présenté de dépassement de coûts d’une telle ampleur. «Il n’y en avait pas! Je me protège comment contre le mensonge?»

Mardi, la SAAQ a démis de ses fonctions la patronne de l’informatique de SAAQclic, Caroline Foldes-Busque, l’une des architectes du projet. Au début du mois de juillet, Geneviève Guilbault avait d’ailleurs limogé le PDG Éric Ducharme, le remplaçant par Annie Lafond.

Tous ces gestes ont été posés sans attendre la fin des travaux ni le dépôt du rapport de la commission Gallant.

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