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Politique

Cannabis: encore loin des promesses de Justin

Cannabis: encore loin des promesses de Justin
Photo d’archives
Maria Mourani

Maria Mourani

30 mars à 9h

Le gouvernement Trudeau n’a pas arrêté de claironner qu’une légalisation du cannabis entraînerait un retrait de ce commerce des mains des groupes criminels et contribuerait à protéger les jeunes. Quel éclair de génie !

Il est vrai que cannabis et politique ne constituent pas forcément un bon mélange...

Le gouvernement fédéral prenait en exemple le Colorado qui aurait soi-disant réussi cet exploit.

Or, une étude américaine menée par Smart Approaches to Marijuana (SAM) révélait le contraire, à savoir que les groupes criminels étaient toujours aussi actifs dans le commerce du cannabis, et ce, dans tous les États l’ayant légalisé.

Le Colorado serait même un important exportateur de cannabis illégal vers les autres États et son marché illicite local représenterait 30 % de l’industrie, soit environ 130 tonnes par année. En outre, en Oregon, un autre État où la légalisation a été implantée en 2014, 70 % des ventes proviendraient du marché criminel.

C’est à se demander si cette obstination à vouloir légaliser, et ce, au détriment de conventions internationales sur le contrôle des drogues signées par le Canada ne relève pas de l’aveuglement volontaire.

En effet, plusieurs spécialistes, dont la GRC, ont fait savoir au gouvernement Trudeau l’aberration de cette croyance.

Les groupes criminels toujours bien actifs

Après trois ans et demi, sommes-nous dans le monde merveilleux de Justin ?

Les groupes criminels ont-ils été éliminés du commerce du cannabis ? Aux dernières nouvelles, selon le Service canadien de renseignements criminels (2021), les organisations criminelles sont toujours impliquées dans le commerce du cannabis.

Outre le maintien des activités après la mise en place de la légalisation, plusieurs ont diversifié leurs affaires en s’infiltrant dans l’industrie légale du cannabis récréatif et médical. Ils sont propriétaires, employés ou membres du conseil d’administration. Certains utilisent des prête-noms et blanchissent leur argent dans cette industrie. La légalisation leur a donné une nouvelle occasion d’affaires. Merci Justin.

Il faut savoir que le marché illicite du cannabis sera toujours le plus compétitif, grâce notamment aux coûts abordables, à la vente aux mineurs, à la production massive et à une plus grande teneur en THC des produits.

La protection des jeunes ?

La légalisation a-t-elle permis de protéger les jeunes ? N’entraînera-t-elle pas plutôt une plus grande prévalence de la consommation ?

Après tout, l’interdit est généralement respecté par une majorité de personnes, de peur de la sanction. Comme de raison, depuis ce jour si important pour Trudeau, on constate une augmentation de la consommation de cannabis, notamment chez les jeunes adultes et les trentenaires.

C’est logique : la banalisation induite par la légalisation ne pouvait qu’entraîner une augmentation des consommateurs. De plus, les cas d’intoxication rapportés par le Centre antipoison du Québec ont globalement augmenté chez les femmes et les hommes, quel que soit l’âge. Cependant, ils ont presque quadruplé chez les 0-9 ans, doublé chez les 15-17 ans et les 21-24 ans ainsi que triplé chez les 30-39 ans.

Grosse protection ! Merci beaucoup Justin.