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Politique

Budget Girard: rien pour la DPJ

Budget Girard: rien pour la DPJ
Photo Stevens LeBlanc
Le ministre des Finances, Eric Girard, lors de la présentation du budget, hier, au Salon bleu.
Maria Mourani

Maria Mourani

23 mars à 9h

Alors qu’on ne cesse de parler de fusillades et de violence, rien n’a été inclus dans le budget pour les forces de police, les procureurs ou encore le système de justice dans son ensemble. 

Il est vrai qu’en 2021, des montants ont été alloués pour mettre en place certaines escouades et des grenailles pour de la prévention auprès des jeunes à risque. 

Il n’en demeure pas moins que ce budget aurait pu être une occasion de consolider la présence permanente de la sécurité dans ce type de grand événement. Comme d’habitude, la santé et l’éducation sont les premières de classe d’un budget provincial, principe même de la pyramide de Maslow. Pourtant, la sécurité est le deuxième besoin important après le physiologique (manger, dormir, respirer, etc.). 

À bien y regarder, l’ajout de 170 M$ pour contrer les violences sexuelles et conjugales m’apparaît la seule mesure concrète en matière de sécurité publique. 

On peut étirer la sauce en considérant les montants dédiés aux organismes communautaires qui, pour plusieurs, travaillent avec la DPJ et d’autres institutions gouvernementales. 

Cependant, aucun financement direct ne semble avoir été alloué à la DPJ.

  • Écoutez la chronique de Maria Mourani au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio :

Nouvelle loi pour la DPJ et aucun sou

À la lecture de ce budget, je m’attendais à ce que le gouvernement mette des sous pour la DPJ, d’autant plus que les besoins sont criants et que l’Assemblée nationale se penche actuellement sur un projet de loi qui vise à modifier en profondeur la Loi sur la protection de la jeunesse (projet de loi 15). 

Logiquement, lorsqu’on veut changer et rénover une institution, il faut que l’argent suive. 

Je tiens à préciser que les 109 M$ injectés à l’amélioration de l’aide et des services destinés aux familles et aux jeunes ne serviront qu’aux services de garde et aux enfants ayant des besoins particuliers. 

Ce qui est d’ailleurs une bonne chose, même si 109 M$ demeurent une goutte dans un océan de besoins. 

Rapport Laurent 

Bien que le gouvernement injecte 508 M$ pour améliorer les services aux personnes vulnérables, ce qui inclut les jeunes en difficulté, cet investissement vise davantage à rehausser les services de proximité. 

Or, une augmentation des budgets de la DPJ est fondamentale pour réussir le processus de modernisation de cette organisation prévue, notamment, dans le projet de loi 15. D’ailleurs, le rapport Laurent relève que la DPJ ainsi que les organisations communautaires partenaires souffrent d’un financement insuffisant et non pérenne. 

Ce qui ne contribue guère au déploiement de services de qualité et adaptés aux besoins des enfants et des familles.