Au gouvernement du Québec de rendre le 3e lien socialement acceptable, dit Blanchet


Martin Lavoie
Le chef du Bloc québécois a réitéré ce matin sa position en faveur d’un troisième lien qui respecterait l’environnement, mais a affirmé ne pas vouloir s’immiscer dans un champ de compétence provinciale.
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En conférence de presse ce matin, Yves-François Blanchet a à nouveau été questionné sur sa position concernant le troisième lien auquel le Parti québécois est, pour sa part, opposé.
«Je n’ai pas envie de faire la job du gouvernement du Québec à la place du gouvernement du Québec. On m’a demandé mon avis personnel. Et là il faudrait que la campagne fédérale du Bloc québécois devienne une campagne sur un enjeu du gouvernement du Québec avec la ville de Québec et la ville de Lévis. Je crois que le troisième lien a un potentiel positif en termes d’environnement. Notamment en évitant un détour à un nombre important de véhicules et avec un potentiel d’offre de transport collectif», a-t-il développé.
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«Québec demande 40% à Ottawa, Ottawa doit donner 40%. Sinon, il devra s’en expliquer et potentiellement en payer le prix politique. Québec est responsable des évaluations environnementales, des consultations publiques et de susciter l’acceptabilité sociale. C’est la position du Bloc», a martelé M. Blanchet.
De l’aide pour les malades
Par ailleurs, le Bloc a renouvelé ce matin sa demande de bonifier à 50 semaines les prestations d’assurance-emploi en cas de maladie grave.
Actuellement, l’assurance-emploi verse un maximum de 15 semaines de prestations de quand une personne qui n’a pas d’assurance privée n’est pas capable de travailler.
Le Bloc a fait sa cause du combat initié par Émilie Sansfaçon, décédée du cancer en novembre dernier. «Indépendamment des enjeux partisans, il y a un élan, tellement qu’on pense que tout le monde va être d’accord», a estimé M. Blanchet.
Le chef du Bloc est revenu sur la proposition que Mme Sansfaçon avait présentée à Justin Trudeau en décembre 2019, rencontre à laquelle il avait assisté.
«Le dossier était tellement étoffé, Émilie en faisait une présentation claire, j’étais convaincu que le gouvernement allait dire oui. Le gouvernement est revenu avec sa proposition de 26 semaines. La lutte pour ce qu’on a appelé la Loi Émilie Sansfaçon est une lutte pour laquelle on ne renoncera pas», a-t-il ajouté.
Selon lui, la loi faisant passer les prestations à 26 semaines «devait vraisemblablement être adoptée», mais les élections ont été déclenchées avant son adoption.
- Écoutez l’entrevue de Patrick Bonin, Responsable de la campagne Climat / Énergie pour Greenpeace Canada
L’ère des GoFundMe
Le père d’Émilie, Louis Sansfaçon, candidat du Bloc dans la circonscription de Québec, a ensuite déclaré qu’il voulait poursuivre le travail de sa fille.
«Je donne suite à une promesse pour ma fille d’aller le plus loin possible pour faire changer la loi. Émilie avait beaucoup milité. Je prends la relève d’un travail qui a été fait depuis des années par les gens du Bloc. Ce n’est pas normal au Canada de devoir organiser des GoFundMe et des soupers spaghetti (pour aider les malades) alors que les gens et les entreprises ont contribué à une structure financière qui les laisse tomber (...) C’est inacceptable au Canada», a-t-il affirmé.
Le nom de celui qui a été policier durant 17 ans, dont 9 comme agent double, est revenu dans l’actualité cette semaine pour des raisons autres que politiques.
Le Soleil a rappelé lundi que la carrière de Louis Sansfaçon dans la police s’est terminée en 1991, un peu avant qu’il ne soit condamné à sept ans de prison pour possession de cocaïne et de haschisch, possession dans le but de trafic et de vol d’un élément de preuve. Le Bloc a précisé que M. Sansfaçon avait avisé le parti de son passé.
La Chine et la Davie
Yves-François Blanchet a ensuite été questionné sur la réalisation en Chine d’un traversier de 100 millions de $ pour le compte d’une société de la couronne des Maritimes, à l’heure où deux Canadiens sont toujours détenus dans ce pays.
«Les enjeux qui se passent à l’extérieur du Québec nous touchent moins, a opiné le chef du Bloc. Mais lorsqu’un territoire donné a trois chantiers maritimes majeurs, dont le plus gros, le plus efficace, le plus prestigieux est à Québec (Lévis), il est toujours gênant d’aller donner des contrats de cette nature.»
S’il estime que le Canada ne fait pas le poids face à la Chine, M. Blanchet croit cependant que le fédéral devrait davantage montrer les crocs.
«On ne cessera pas d’avoir des relations commerciales avec la Chine. Ce n’est pas vrai que ti-pitou Canada va faire mal à gros ours chinois. Il y a des enjeux où ce n’est pas évident comme la technologie cellulaire en raison du piratage. Politiquement il faut faire la démonstration que le Canada n’est pas si faible que ça par rapport au géant chinois. Mais c’est une démonstration à laquelle le premier ministre Trudeau a été totalement inefficace.»
Les conservateurs
Enfin, le chef bloquiste s’est attaqué à l’offensive de charme des conservateurs au Québec.
«Ils ont fait semblant de faire un virage pro-choix, pro rapport d’impôt unique, pro-environnement, pro-français, pro toutes sortes d’affaires. À date dans tous les cas ça n’a pas survécu aux tests de leur position réelle. Chaque fois qu’ils prennent un virage qui n’est pas hostile au Québec, ça antagonise leur véritable base très conservatrice de l’ouest, et ils sont obligés de virer de bord et de ne pas dire la même chose en français qu’en anglais. C’est le charme du débat en anglais, de leur faire répéter ce qu’ils ont dit en français la semaine passée», a conclut M. Blanchet.