Référendum de 1995: Dédé Fortin ne voulait plus remonter sur scène

Guillaume Picard
Trente ans après le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec, revoir le regretté André «Dédé» Fortin au moment où il apprend que l’option du Non remporte la victoire demeure un moment bouleversant pour le premier batteur des Colocs, Jimmy Bourgoing, qui partageait la scène avec lui ce soir-là.
En entrevue jeudi avec Mario Dumont et Isabelle Perron sur les ondes de QUB radio au 99,5 FM Montréal, le musicien s’est replongé dans les émotions de la défaite, lui qui, à l’instar de Dédé Fortin, soutenait le camp du Oui.

Il croit que la peine dont Dédé Fortin a été affligée, le 30 octobre 1995, «était très profonde».
«C’est certain que ça a resté», a-t-il ajouté, rappelant que le groupe lançait son deuxième album, Atrocetomique, ce soir-là.
L’anniversaire du deuxième référendum rappelle à Jimmy Bourgoing la triste perte de son ami, qui est décédé en l’an 2000, il y a déjà 25 ans.
«Dédé me manque énormément», a-t-il souligné.
Après le verdict, Dédé Fortin était incapable de s’exprimer et ne voulait plus revenir sous les projecteurs pour poursuivre le spectacle de lancement.
«On avait embarqué sur scène après, mais ça nous a pris beaucoup de temps», a témoigné Jimmy Bourgoing, qui a raconté que plusieurs personnes ont mis du temps à convaincre Dédé Fortin de reprendre le lancement.
«C’était long et très, très difficile.»
De son côté, Mike Sawatzky, le guitariste principal et «l’anglo» des Colocs, a été reçu à l’émission d’Isabelle Maréchal à QUB, plus tard en après-midi jeudi. Il a raconté qu’en 1995 il ne parlait qu’encore peu la langue de Vigneault, lui qui est originaire de Saskatchewan.
«Quand ça, c’était "no", il sentait un peu comme il s’est fait avoir».
Ils n’ont pas vraiment reparlé du résultat du référendum par la suite. «Il voyait que moi, je me sentais mal pour lui, puis je ne savais pas trop quoi dire», a mentionné le musicien, qui, en tant que colocataire de Dédé Fortin, voulait tout de même être là pour son ami.